Quand Star Wars s’appelait “La Guerre des Etoiles”…

29 06 2009

Petit moment nostalgie pour vieux cons:
je me demandais qu’est ce qui a bien pu me faire autant vibrer quand j’étais môme, le jour où j’ai découvert “La Guerre Des Étoiles” … c’était en 1977 !
Star Wars - La Guerre Des Etoiles
Tout d’abord à cette époque, j’étais plutôt fan de James Bond et en 1977 se profilait “L’Espion Qui M’Aimait” avec sa voiture sous marine ! Les magasins de jouets regorgeaient de miniatures “Corgy Toys” avec un hélicoptère de la Strombreg Inc et la fameuse Lotus Esprit Blanche qui allait emmener Barbara Bach et Roger Moore jouer au sous marin.
A coté de l’affiche du futur James Bond, il y avait une autre affiche: celle de “La Guerre des Étoiles”. Je me souviens du jour où je l’ai vu pour la première fois. A la radio passait «Now I need you» de Donna Summer avec un coté très “secte futuriste”… et sur l’affiche un slogan bien étrange: “Que la Force soit avec toi”.

Star Wars - La Guerre Des Etoiles
A l’époque, pas d’Internet ni Écran Fantastique accessible pour se faire une opinion. Les films arrivaient en France des mois après leur sortie aux US et il fallait encore compter 3 mois de plus pour qu’ils arrivent en province… Donc les affiches et les photographies épinglées dans les cinémas étaient notre principale source de rêve en attendant de découvrir le film. Avec une affiche pareille: Leia montre ses jambes et Luke sa poitrine en brandissant une croix de lumière sur fond de flotte spatiale… je pensais que c’était une affiche pour un ballet. Ben oui, une guerre de danseurs étoiles !
En fait je vivais tellement dans un trou perdu que c’est en fait ma cousine Valérie qui eu la chance de découvrir “La Guerre des Etoiles” quelques mois avant moi.
-Alors il y a une “Étoile Noire” !
-Et une “Étoile Blanche” ?
-Si tu veux. Il y a des “rebelles”.
-Ils se battent avec quoi ?
-Avec des “épées lasers” !
-Wow!!! Et il y a des robots.
-Oui il y a Sripio et Artout Ditout ! Et puis ya Anne Sauleau et son Wouqui !

Star Wars - La Guerre Des Etoiles

C’en était trop. Ce film allait dépasser de loin les meilleurs épisodes Cosmos 1999 dont je n’avais pas raté un  seul épisode à “Samedi Est A Vous”. En revenant de l’école, je passais devant l’un des trois cinémas de ma ville, le plus grand et la plus belle salle (les autres salles étaient réservées aux films de bidasses…) et je comptais les jours jusqu’à la semaine de sortie.

Une séance à 21h00 le soir en semaine. Une grande salle avec ses fauteuils en velours rouge du balcon et ceux en skai orange dit “club”. C’était aussi l’époque des entractes. Le temps de changer de bobine et de déguster un Nuts ou des chocolats Bahlsen à la pub délirante façon Barbarella. On allait voir les films une seule fois. Donc on ouvrait bien ses mirettes. Il fallait attendre presque 10 ans avant de les retrouver à la télévision. (Un peu moins avec l’avènement des magnétoscopes au début des années 80!).

Star Wars - La Guerre Des Etoiles

Bref on sortait de la salle avec des étoiles plein les yeux. On ne parlait que de ça à la récré! Surtout que pour une fois le paternel qui nous avait accompagné voir cette “connerie”, et ben il avait vraiment apprécié ! Un an plus tard, le mien me parlait encore du “Wookie”… et allait m’en vouloir à mort que j’aille voir “l’Empire” sans lui !

Star Wars - La Guerre Des Etoiles

Sans entrer dans les détails sur le succès mondial de Star Wars, il est certain qu’après ce film, le cinéma de SF allait changer de cap. D’abord l’espace était un monde bruyant. Les chasseurs TIE passaient devant nous en poussant des hurlements sinistres. Le Faucon Millénaire rugissait docilement. L’attention donnée aux bruitages mais aussi à leur perception dans l’espace: c’était du jamais vu. Lucas avait déjà expérimenté l’effet Doppler dans THX118 et sa poursuite de “Jetcar”. Mais le moindre vaisseau qui passait au ras de la caméra nous en mettait plein les oreilles. Le son, c’est ce qui a de primordial dans le dépaysement qu’apporte un film. Bruitages et musique, tous concordent à vous immerger dans une dimension parallèle. Par exemple, ce fut un des éléments du succès de “Battlestar Galactica” sur Scifi, le choix de la musique inspirée World Music, mêlant DoukDouk et percussions tribales aux bruitages très “starwars” des “Marauders Cylons” et des “Vipers Coloniaux”. En plus, Star Wars nous proposait une musique classique en pleine période ou “futuriste” rimait avec “Jean Michel Jarre” ou mieux encore “Space Art” (Dominique Perrier et de Roger Rizzitelli, qui entre autres, ont longtemps travaillé avec Jarre, en compagnie de Francis Rimbert)! Et là que pour souligner les ambiances de cette galaxie loitaine il y a très très longtemps voici du symphonique héroïque offert sur un plateau par un des musiciens américains les plus extraordinaires: John Williams ! (Merci à Spielberg d’avoir jouer les entremetteurs en scène!)

Star Wars - La Guerre Des Etoiles
Star Wars - La Guerre Des Etoiles
Star Wars - La Guerre Des Etoiles

Parce que ce qui me faisait le plus rêver en tant que gamin, c’était que “La Guerre des Étoiles” n’était pas un futur mais un passé antique !
Des années après, entre deux “Temps X” des frêres Bogdanoff, le rêve proposé par George Lucas perdurait. Un manche à balai et de l’alu et on s’armait d’un sabre laser et devenait un “Djedaï”. Parce que soyons clair, tout le monde le sait, l’arme la plus cool c’est le “sabrolaser”.
Ah oui, parce qu’à l’époque à défaut du Net on avait les livres et les BD de chez Lug de la “Guerre des Etoiles”. Sur un des premiers livres ils avaient traduit “Luke Skywalker” en “Luc De Courtciel”.  Je vous passe les “Chicktabba”, les “Dark Vador”, “D2R2″, “Etoile Noire”…et autres Chasseurs Taïe (T.I.E. signifiant en réalité “Two Ion Engines”)…
Star Wars donnait aussi l’impression d’être truffée d’effets spéciaux, alors qu’il y en avait en gros un quart d’heure mis bout à bout. Magie du montage. (ILM: “I Love Marcia”!). La qualité avant la quantité. Ce n’est plus tellement le cas de nos jours…

Star Wars - La Guerre Des Etoiles

J’avais fait l’expérience de projeter à la nouvelle génération, gavée de “Bullet Time” et autres CGI, ce que nous appelons maintenant l’Episode IV – Un Nouvel Espoir”. Si, si!! Il y a des jeunes qui connaissent “Harry Potter” sur le bout des doigts et qui n’ont jamais vu ce film de 1977!  Et donc, lors du premier passage en hyperespace du Faucon, quand ils se sont tournés vers moi, les yeux brillants en annonçant “trop bien!!!, je me suis dit: la magie opère toujours! La recette fonctionne! Pourtant elle a été plagiée, éventée depuis plus de trente ans, mais elle procure toujours autant de frissons !

2009. Star Wars est devenu une des franchises la plus rentable au monde. On parle d’une série TV de 400 épisodes, sans doute galvanisée par le succès de Galactica ? Elle sortirait en 2011 ? Tournée en Australie…
Et ben j’espère que les responsables de ce projet gardent dans leur cœur “cette toute première fois” où ils ont vu Star Wars au cinéma, qu’ils se repassent en boucle les épisodes IV et V et qu’ils ne nous trahiront pas “trop”…
Star Wars - La Guerre Des Etoiles





Alan Dean Foster: novélisation de Star Trek, le retour d’une légende !

12 05 2009

Une légende à la barre

Alan Dean Foster, ce nom vous dit il quelque chose ? Dans ma jeunesse, il était un de mes auteurs préférés. Rendez vous compte, il était derrière l’adaptation en roman des film Alien, Aliens, Alien 3…!!!
Alors c’est quoi la différence de base entre un scénariste et un auteur. En gros au cinéma on “montre” les choses et dans un livre on est dans la tête des personnages.
C’est un élément qui est absent des scénarios. on ne sait pas ce que les personnages pensent mais on voit ce qu’ils font, et on entend ce qu’ils disent.
A ce jeu, Alan Dean Foster m’a fait vivre “Alien” comme jamais j’aurais pu l’espérer. J’étais avec l’équipage du Nostromo quand ils ont reçu ce message de détresse. Et l’Alien était on ne peut plus étrange (Foster décrivait des “appendices griffus”) à croire qu’il avait travaillé sur une des versions de “Starbeast”. Il semblerait aussi qu’il est accès aux notes des scénaristes et aux scriptments afin de comprendre et retranscrire comment les personnages pensent. Quand il a remis cela avec “Aliens”, ce livre fut une mine d’informations pour le fan que j’étais. Pourquoi ? Parce que à l’époque il n’y avait pas encore le Net. Et Alan Dean Foster avait eu accès aux notes de productions de James Cameron qui sont des trésors pour planter le décor et donner des infos cohérentes sur l’ensemble du monde qu’il veut décrire.

Il y a quelques années, j’ai découvert que “Les Chroniques de Riddick” avaient été novélisées par Alan Dean Foster. Connaissant David Twohy et son perfectionnisme au niveau scénaristique, je n’ai pas été déçu ! Tout ce que vouliez savoir sur les Necromongers sans jamais avoir osé le demander… La naissance de leur religion et leurs préceptes. Passionnant ! En revanche je restais sur ma faim en ce qui concerne les armes et l’art martial de Riddick.
(Dans le genre la novélisation réussie “The Abyss” par Orson Scott Card est un must et fera peut être l’objet d’un prochain bulletin.)

Alors voilà, un tour dans un hypermarché et je découvre non pas un mais deux novélisations de Alan Dean Foster: “Star Trek” et “Terminator Renaissance” (“Terminator Salvation” se traduit par “Terminator Le Salut”, moins vendeur…).
Donc voici d’un coup deux romans par un spécialiste du genre !
Pas d’effets de style outranciers, pas mal d’humour que les traducteurs ont réussi à bien adapter, on sent bien maintenant que les Studios bétonnent aussi les novélisations pour ne pas faire un seul pas en dehors des clous Et on a surtout l’impression que l’auteur n’a accès qu’au scénario, respecte et suit sa structure et que sa marge de manœuvre de conteur est plutôt limité…
Dommage, comparé à la richesse de la novélisation par exemple de Star Wars III Revenge of the Sith de Matthew Stover par exemple qui réussissait à transformer un scénario médiocre en bon roman en fournissant moultes détails sur l’état d’esprit d’un Jedi en vrille.





Millenium Antipelliculaire

22 02 2009

SFO Letterman

ÉTÉ 1999, SAN FRANCISCO, LE RÉALISATEUR ET PRODUCTEUR GEORGES LUCAS ANNONCAIT LE DÉCÈS DE LA PELLICULE CHIMIQUE CONVENTIONNELLE UTILISÉE DANS LES BONNES VIEILLES CAMÉRAS PANAFLEX AU PROFIT DE LA CAPTURE DIGITALE EN HAUTE RÉSOLUTION.

Quelques mois plus tard, le Presidio Trust, responsable du premier « Urban Natural Park » de San Francisco (situé à l’emplacement de l’ancienne base militaire du Presidio) annonce qu’on ne construira plus le Letterman Hospital sur leur site mais le Letterman Digital Arts Center proposé par… LucasFilm.

Il semblerait que Georges Lucas passe vite du rêve digital à la réalité digitale. Il en a les moyens. D’ailleurs l’épisode I de La Guerre des Étoiles comportait au final plus de la moitié de plans digitaux. Quant aux « séquelles » de la « préquelle », elles bouderont définitivement les Aaton, Arriflex et autres Panaflex et même « Empireflex » (caméra 80 mm mise au point par John Dykstra pour L’Empire Contre-attaque…) : Star Wars épisodes II et III seront 100 % digitaux !

Bref, assisterait-on à l’énième diffusion du bras de fer entre « Vidéo » contre « Cinéma », pixels contre grain, chimie contre digitale ?

En réfléchissant un peu, il y a assez peu de différences entre une caméra de cinéma des années trente et une caméra de cinéma utilisée pour le tournage de Matrix. Une caméra de cinéma reste toujours une espèce de machine à coudre encombrante qui mâche de la pellicule bruyamment.

Pourtant de sérieux progrès ont été effectués dans le domaine des films et des émulsions photographiques. Il suffit de comparer la qualité de la photographie d’un épisode en 16 mm des années 70 et un extrait en super 16 mm récent. De nos jours le rendu en super 16 mm ressemble à un rendu 35 mm d’il y a 20 ans…

Pour voir et comparer les progrès de la pellicule 35 mm et des laboratoires de développement il suffit de comparer la texture, le grain et les rendus de couleurs de films comme Duellistes et Gladiators tous deux réalisés par Rydley Scott, excellent photographe, avec 20 ans d’écart.

Il est plus facile d’être témoin du progrès de la caméra vidéo et de son support magnétique ces vingt dernières années. On passe des caméras mono tubes aux tri tubes, des monoCCD aux TriCCD, de la bande U-matic au format Beta Digital. Sans compter les « raccourcis technologiques » qu’empruntent les « Paluches » et les Camcorders DV.

Pourtant, en vidéo, qu’elle soit digitale ou pas, il y a toujours cette froideur de l’image (surtout lorsqu’on utilise pas d’obturateur électronique). Cette « cold-touch » de la vidéo est devenu tellement gênante, d’un point de vue artistique, que certains réalisateurs TV comme Gérard Pullicino (Taratata) vont même jusqu’à utiliser un effet d’obturateur électronique ainsi que des barres noires en bas et en haut de l’écran pour y remédier.

La Vidéo imite son père, le Cinéma, et pourtant elle veut le voir mourir. Un petit peu freudien tout cela, non ?

Nemo SANDMAN

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