Sci Fi: la chaine des Mammouth

19 04 2009

Mammouth

Bon alors le 22 avril 2006, le jour ou l’acteur jouant le Comedian a eu 40 ans, Sci Fi (SyFy depuis peu!) la chaine de la Science Fiction diffusait le projet “Mammoth” alias “Mammouth” un téléfilm fait à la maison !
On y retrouve Tom Skerritt (Dallas dans Alien, le capitaine du Nostromo, alors respect!), Summer Glau de Firefly (respect!) et des Chroniques de Sarah Connor (Beurk!), le type de l’homme invisible Vincent Ventresca…

Alors “Mammouth”, qui est diffusé sur la chaine Sci Fi actuellement est il une vraie daube qui n’arrive pas à faire dans le second degré ? Oui, oui, c’est exactement cela ! A défaut de faire de la qualité, on fait de la m*rde avec une étiquette “humour” plantée dessus comme l’AOC d’un fromage puant.  Avec son Mammouth géant pourvu des mêmes pouvoir que Sylvestre le Chat (doublé par George Aminel). Ambiance slasher pour une bête de 6 tonnes qui apparait dans le champs après avoir sans doute couru sur les 500 derniers mètre sur la pointe des pattes pour ne pas qu’on l’entende arriver pour frapper. Une panthère je veux bien mais un Mammouth !!! Un mastodonte qui fait dans le slasher !!!

Mammouth

Alors, quels sont les autres films de monstres qui par exemple apportent une véritable “touch” sans vraiment être un chef d’œuvre mais qui laissent un bon arrière gout de Revienzy ? Le premier qui me vient à l’esprit, c’est “Razorback” de Russell Mulcahy en 1985 (de plus servi par la superbe bande original d’Iva Davies Ice House, Master & Commander…) ou encore “Tremors” ! Des films qui ne sont pas pourris par des CGI à deux balles comme la plupart des prod Sci Fi Channel (le Mammouth n’est vraiment pas digne d’une CGI de 2006) maintenant que tout producteur peut se payer un ordi avec Maya et After Effects dessus…

Mammouth

Alors c’est quoi leur problème à Sci Fi ? Déjà, ils confondent souvent “Cinéma Fantastique” et “Science Fiction” dans la programmation française et leurs productions maisons sont du genre des nanards chiantissimes comme “Momentum” avec Louis Gosset Junior (cinéma) et Terry Hatcher (TV) ou “Mammouth” !!! La recette est simple: on prend un “hasbeen” sur cinema et une bimbo de la TV, on rajoute un monstre en image de synthèse…embalé c’est bâclé.
Bon je ne leur en veux pas trop à Sci Fi, juste après Mammouth, ils diffusaient ce jour là “They Live” film au combien génialement prophétique ou chaque ligne de dialogue font finalement froid dans le dos !!! Et qui n’a pas besoin d’un remake mais juste d’une rediffusion en prime time !!! Bon, OK, Sci Fi sert aussi à ça…

They Live





Ray Nelson: Conseils pour l’écriture d’une oeuvre de Fiction

28 02 2009

Schtroumph Grognon

Force est de constater qu’il est plutôt rare de trouver des conseils aux jeunes auteurs par des vieux auteurs et ça fait du bien d’avoir un petit guide pendant la création et la relecture d’une nouvelle, d’un roman ou d’un scenario. Ambiance Schtroumph Grognon mais avec des solutions !

Voici le point de vue de Ray Nelson traduit depuis son site http://raynelson.com

Au début:
Moi j’aime pas… les flashbacks prématurés
Suggestion: Ne me parlez pas du passé avant que je ne me sois préoccupé du présent.

Moi j’aime pas…L’action ou du dialogue dans le vide:
Suggestion: dites moi dès le début ou nous sommes, à l’intérieur ou à l’extérieur, l’endroit, les gens, les objets importants, les portes, les fenêtres, les escaliers, les meubles qui seront utilisés, les accessoires importants et surtout, ce qui est primordial: comment la scène est éclairée.

Abidbol

Moi j’aime pas…les personnages que je ne peux pas visualiser:
Suggestion: immédiatement après que le personnage soit entré en scène, commencez par me dire son age, son sexe, sa classe sociale, ses manières, sa race, son physique… Donnez moi ces infos petit à petit, pas tout d’un coup. Et arrangez vous pour que je sache comment le personnage est habillé.

Moi j’aime pas… la narration au présent.
Suggestion: Même si certain auteurs modernes l’utilisent, ils en payent les conséquences en le mettant en avant. Contentez vous d’un passé simple à moins que vous ayez une excellente raison.

Au milieu:
Moi j’aime pas… un ton émotionnel inconstant.
Suggestion: si vous avez commencez sur un ton comique, continuez sur un ton comique. Si c’est effrayant, que cela le devienne encore plus. Si c’est tragique, que cela reste tragique. On peut contraster les émotions mais pas totalement changer de ton.

Moi j’aime pas… les occasions manquées.
Suggestion: tirez le meilleur parti de la moindre promesse énoncée au lecteur. Et que la scène de résolution soit en plein milieu de la scène et non hors champs après la fin de l’histoire.

Moi j’aime pas… quand y’a trop d’anecdotes.
Suggestion: déterminez le sujet de votre histoire et désintégrez tout ce qui ne le concerne pas.

A la fin:

Moi j’aime pas… la fin à la Little Nemo… tout ceci n’était qu’un rêve !
Suggestion: Le lecteur a été assez gentil comme ça de rentrer dans le jeu, ne lui faites pas comprendre que tout cela n’en valait pas la peine.

Moi j’aime pas… la fin du Tigre de Papier. “Ce n’était qu’un malentendu”, “En fait il n’avait pas été vraiment assassiné” etc…
Suggestion: surprenez moi en m’offrant plus que j’en espérais pas moins.

Souris Cruise

Moi j’aime pas… la fin qui ne résout rien.
Suggestion: dites moi franchement si les protagonistes gagnent, perdent ou quelles sont les solutions des mystères.

Moi j’aime pas… un protagoniste qui termine apathique, dingue ou commet le suicide.
Suggestion: il y a tellement de moyens pour résoudre ses problèmes il n’y a pas d’excuse à recourir à cette facilité ultra cliché.

Moi j’aime pas… une fausse surprise à la fin
Suggestion: Assez tôt dans l’histoire posez suffisamment d’informations pour que les lecteurs avertis puissent deviner la fin mais que tous les autres se fustigent de ne pas l’avoir devinée.

En général:
Moi j’aime pas… un protagoniste passif qui est au mieux un spectateur et au pire une victime professionnelle.
Suggestion: choisissez quelqu’un qui aille mieux en tant que protagoniste ou donnez à votre personnage principal un peu plus de jus !

Conan Hips

Moi j’aime pas… les personnages qui manquent de motivation
Suggestion: ne permettez à aucun personnage principal de ne pas vouloir quelque chose et de se battre pour l’obtenir.

Moi j’aime pas… les personnages qui causent tous pareil.
Suggestion: il faut que les dialogues reflètent la différence de sexe, d’age, de classe sociale, de nationalité, de background, plus les particularité du personnage. Que le vocabulaire reflète la profession et le niveau d’éducation.

Moi j’aime pas… les scènes qui sont minces et qui ne sont pas convaincantes.
Suggestion: Vérifiez que vous avez tenu compte des cinq sens. A la limite faites une checklist !

Moi j’aime pas… les clichés
Suggestion: lisez à voix haute à un ou plusieurs personnes, auteurs ou critiques qui vous aideront à élaguer les clichés. Mais n’oubliez que dans de rares occasions seuls clichés fonctionneront…

Moi j’aime pas… la surutilisation d’une forme — trop d’adjectifs, d’adverbes, trop de métaphores, trop de phrases au passif, trop de noms propres, trop de mots répétés.
Suggestion: mettez au point une norme de phrases simples– sujet, verbe et complément– et utilisez des formes grammaticales et des constructions plus complexes pour obtenir les effets recherchés pas seulement pour varier. Étudiez la grammaire et la rhétorique des vieux livres d’école et apprenez à construire une phrase de la manière dont un musicien utilise les arpèges et les gammes.

Moi j’aime pas… le point de vue de narration qui se ballade sans raison de personnage en personnage.
Suggestion: Normalement dans une scène donnée, sélectionnée un personnage et restez y. Ne nous parlez pas de choses qui ne peuvent pas perçues par les cinq sens de ce personnage.

Moi j’aime pas… les paragraphes qui n’en finissent pas.
Suggestion: écrivez plus de dialogues. Méfiez vous de la moindre page ne comportant pas de guillemets !

Moi j’aime pas…quand rien n’a de signification.
Suggestion: déterminez vous même quel est le thème central et écrivez le en une seule phrase. N’incluez pas cette phrase à votre histoire mais utilisez là comme un guide lors de la ré écriture pendant laquelle pas une seule phrase ne sera pas retravaillée.

Killer Bunny

Moi j’aime pas… Les méchants qui vont se faire avoir facilement.
Suggestion: arrangez vous pour que les “méchants” paraissent puissants. Au final, je veux assister à une bonne bagarre!

Moi j’aime pas… les utilisations indésirables de “dit”
Suggestion: souvent il est évident dans le contexte de savoir qui s’exprime. Donc pas besoin de rappeler qui “dit” quoi. Sinon pas besoin de le répéter ad nauseum.

Moi j’aime pas… les mises en place peu convaincantes.
Suggestion: n’hésitez pas à dessiner des plans, des détails, des costumes, des arbres généalogiques, des cartes pour clairement visualiser la scène et écrivez plusieurs essais de votre coté.

Moi j’aime pas… une chronologie bancale
Suggestion: planifiez vos actions en utilisant un agenda avec calendrier, ou des fiches de bristol facilement interchangeable…

Moi j’aime pas… les digressions sans but.
Suggestion: faites un synopsis avant d’écrire la première page. Planifiez tout mais laissez une petite part à l’improvisation.

Moi j’aime pas… l’absence de date
Suggestion: lisez ce que les autres ont écrit dans le genre et autour. Piquez leurs bonnes idées ! Ne vous inquiétez pas en ce qui concerne l’originalité. Aucun écrivain ne peut écrire comme un autre écrivain.

Moi j’aime pas… l’amateurisme en général.
Suggestion: rejoignez un groupe d’auteurs qui se rencontrent pour lire à voix haute et discuter de leur progrès. Écrivez sur un blog et attendez les retours. Imitez les auteurs que vous aimez. Et pratiquez votre art encore encore et encore!

Pan !





They Live: Ray Nelson et les Lunettes Hoffmann

27 02 2009

They Live

En 1988 sortait en France un film de John Carpenter sous un titre ridicule et une affiche franchement très laide: “Invasion Los Angeles”.
Le film original, “They Live” moitié thriller de science fiction moitié satire sociale, racontait l’histoire de John Nada, travailleur du bâtiment, qui découvre des lunettes lui permettant de voir des “aliens” évoluer tout autour de nous prenant forme humaine et contrôlant l’humanité.
Tiré d’une nouvelle de Ray Faraday Nelson “Eight O’Clock in The Morning” parue sous le titre “Les Fascinateurs” en France, “They Live” est devenu petit à petit un film culte pour tous les paranoïaques, amateur de Blues, fan de catch et de cinémascope.
L’année dernière, cherchant à me procurer un scénario, j’étais entré en contact avec Ray Nelson, qui a signé le scénario du film de John Carpenter. (Depuis nous avons sympathisé et il m’a envoyé sa dernière copie du script original annoté par John Carpenter et lui même pendant le tournage… L’autre copie est entre les mains de son avocat.)
Ray Nelson est un personnage extraordinaire. Ami et confident de Philip K. Dick, il a travaillé à la création de “Blade Voyageur de l’Infini” (dont je signe actuellement les illustrations!). C’est aussi un cartooniste de grand talent qui a vécu et s’est marié à Paris (ou son fils Walter Nelson, grand spécialiste de la vie et de l’étiquette au 19ème siècle, est né).

Ray Faraday Nelson

Et Ray m’annonce en avril 2008 que “They Live” va faire l’objet d’un Remake. En decembre 2008, confirmation: c’est sur le Hollywood Reporter qu’on annonce que le film culte de John Carpenter de 1988 va passer par la case remake des studios Universal/Strike Entertainment, qui sont en négociation pour acquérir les droits du film auprès de Les Mougins, l’actuel propriétaire de ces droits. Marc Abraham et Eric Newman de Strike Entertainment produiront alors que Shep Gordon et John Carpenter serviront de producteurs exécutifs. Strike Entertainment avait déjà réussi avec succès le remake de “L’armée des morts” en 2004 et travaille aussi sur un remake d’un autre film de Carpenter, The Thing.

They Live Lunettes Hoffman

Qu’est ce qui fait le charme du film de 1988 ?
Déjà une mise en place lente et minutieuse. Un cinémascope et un cadre superbe. Une musique entêtante. Un anti héros, courageux mais pas exempt de défauts (John Nada n’est pas intelligent ni très fin mais reste attachant dans son humanité et sa coupe de cheveux “Mulet” remise à la mode en 2009). Les effets spéciaux sont légers mais utilisés avec perspicacité (Au travers des lunettes, on voient un monde en noir et blanc et quelques aliens aux brushings impeccables…). Mais surtout le script, la montée de la tension, les rebondissements et les sous entendus quasi révolutionnaires en font un film unique dans sa paranoia et ses symboles.

Obey

Par exemple aucun vaisseau spatial ne nous est montré. Les aliens stoppent le temps avec leur Rolex (Jacques Séguéla est un Alien!), s’ouvre alors un genre de sas lumineux dans le sol qui mène à un dédale infernal (dans le sens étymologique Inferno: “en dessous de nous”) de tunnels d’ou on peut voyager dans toute la ville mais aussi vers d’autres mondes par dématérialisation et transformation en boule de lumière.
“They Live” n’est pas un film politiquement correct du tout. L’ouvrier opprimé découvre la vérité, se révolte,  prend les armes et tire dans le tas !

They Live

Les lunettes mises au point par la résistance portent un nom dans le script (mais pas dans le film): les Lunettes Hoffmann. (“Hoffmann Glasses”)
J’en demandais à Ray Nelson la signification.
“Mais voyons il s’agit d’une référence au tout tout premier livre de SF! Les Contes d’Hoffmann !”
Mince pour moi, c’est avant tout du Offenbach (joué par Michel Serrault) façon folles nuits parisiennes… pas vraiment de la SF…
Et pourtant:

Olympia

Dans le conte: Hoffmann est amoureux d’Olympia, la « fille » du scientifique Spalanzani. Celle-ci s’avère en fait être un automate dont Coppélius, un charlatan, a fourni à Spalanzani les yeux et vient présenter sa créance. Il vend à Hoffmann des lunettes magiques qui lui font voir Olympia comme une vraie femme. Hoffmann se croit alors aimé d’elle mais Niklausse, perplexe, tente en vain d’avertir son ami. Alors qu’il valse avec Olympia, Hoffmann tombe et ses lunettes se brisent. C’est alors que Coppélius qui veut se venger du chèque sans provision que lui a remis Spalanzani, revient et détruit Olympia. Hoffmann se rend compte de la vraie nature de celle qu’il aimait, cependant que la foule ricane de la naïveté du poète.

Obey Stay Asleep

“They Live” est donc une histoire ancienne et pour citer Justin Sullivan de New Model Army dans la chanson “Vanity”:
…The mirror never lies, it’s just these foolish eyes
And we all see what we want to see
What we need to see, what we have to see…

Your God Not Mine

Je vous invite à découvrir le monde extraordinaire de Ray Nelson via son site: http://raynelson.com/

Nemo Sandman








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