Millenium Antipelliculaire II: La Revanche du Chevalier Noir.

1 03 2009

IMAX

Christopher Nolan a toujours voulu le faire. Il l’a fait: Utiliser des cameras IMAX !
Quelle hérésie ! A l’époque du Tout Digital ! De la caméra sur l’épaule ou dans la main, tellement elle est légère, tellement est sophistiquée tellement c’est la fin de mon cinéma traditionnel à moi !
Les six grandes scènes d’action du film « The Dark Knight » ainsi que les plans aériens ont été tournées au format Imax. Ca c’est le progrès: les caméras IMAX sont tellement bruyantes que les dialogues ont été ré-enregistrés pendant la post prod. Les caméras IMAX sont tellement lourdes (100kg) qu’il faut des systèmes spéciaux, inventés pour le film, pour les manipuler sans se démettre une épaule ou mourir écraser.

IMAX

Pour effectuer les mouvements de caméra spectaculaires des scènes d’action, Christopher Nolan et son directeur de la photographie Wally Pfister ont fait appel à la société Ultimate Arm, créatrice d’une grue télécommandée à mouvement gyroscopique, dont le bras a été sérieusement renforcé pour supporter le poids de la caméra IMAX. Je ne vous dis pas le prix: c’est indécent.
En plus il ne s’agit pas de rater sa prise car il faut attendre 5 jours de labo pour voir le rush, sachant que trois fois plus de pellicules sont nécessaires lors de la prise avec la caméra chaque seconde. Pour le coup il est dramatique d’exploser une des quatre caméra Imax disponibles dans le monde. Et ce fut pourtant fait lors de la poursuite en Batmobile !

Batpod

Alors à l’époque du cinéma vidéo en HD, où la miniaturisation permet de placer des « paluches » dans les recoins les plus insensés, quel est l’intérêt à se coltiner des engins aussi imposants, volumineux, bruyants, fragiles et pesant leur quintal à  surtout attendre une semaine pour savoir si la prise est vraiment bonne? Etre candidat à Ulcère Academy ?
Mais le piquet de l’image, le rendu, la qualité, le cadre, tout cela contribue à l’immersion dans le film pour une expérience incroyable !
Toutes les scènes d’action prennent une autre ampleur. Rien que le début avec le Heist du joker, vertigineuse descente le long du filin où on s’accroche aux bras de son fauteuil. Mieux, l’envol de Batman à Hong kong tient du ride le plus violent, sans compter la poursuite en camion et l’intervention de la BatPod…

Batman Glides

Ainsi, force est de constater (je l’ai dit!) la « vieille machine à coudre » argentique n’a pas dit son dernier mot ? Elle propose une résolution de 70 mégas pixels et un piqué tel que les chef décorateurs et opérateurs doivent reconsidérer leur façon de travailler: les spectateurs étant placés beaucoup plus près de l’immense écran à cause de la meilleure définition, ils voient le moindre grain de poussière. Et cette ancienne et lourde technologie entre les mains d’un magicien comme Christopher Nolan a fait vaciller le « Titanic » sur son piédestal. Même si Cameron expérimente depuis plusieurs année l’Imax en 3D… peut-être pour « Avatar » ?

Nolan
« Vous noterez le bouclier anti postillon à double vitrage« 

Pourtant il faut construire des salles qui puissent projeter un film IMAX. « The Dark Knight » dure 02h30 et il faut 45 bobines pour 40 km de films et près de 300 kilos de pellicule ! Mais c’est à ce prix qu’on s’offre une Toile en Imax, une expérience unique pour les spectateurs, en faisant la nique à tous les DIVX pirates disponibles sur l’autre toile… celle du pire tout pire… et qu’on visionne sur nos téléphones portables.

IMAX

Bref, l’argentique ne se laisse pas mourir aussi facilement. Force est de constater que le digital est déjà en train de fourbir ses armes… Fin du Round 2.

Nemo SANDMAN





Millenium Antipelliculaire

22 02 2009

SFO Letterman

ÉTÉ 1999, SAN FRANCISCO, LE RÉALISATEUR ET PRODUCTEUR GEORGES LUCAS ANNONCAIT LE DÉCÈS DE LA PELLICULE CHIMIQUE CONVENTIONNELLE UTILISÉE DANS LES BONNES VIEILLES CAMÉRAS PANAFLEX AU PROFIT DE LA CAPTURE DIGITALE EN HAUTE RÉSOLUTION.

Quelques mois plus tard, le Presidio Trust, responsable du premier « Urban Natural Park » de San Francisco (situé à l’emplacement de l’ancienne base militaire du Presidio) annonce qu’on ne construira plus le Letterman Hospital sur leur site mais le Letterman Digital Arts Center proposé par… LucasFilm.

Il semblerait que Georges Lucas passe vite du rêve digital à la réalité digitale. Il en a les moyens. D’ailleurs l’épisode I de La Guerre des Étoiles comportait au final plus de la moitié de plans digitaux. Quant aux « séquelles » de la « préquelle », elles bouderont définitivement les Aaton, Arriflex et autres Panaflex et même « Empireflex » (caméra 80 mm mise au point par John Dykstra pour L’Empire Contre-attaque…) : Star Wars épisodes II et III seront 100 % digitaux !

Bref, assisterait-on à l’énième diffusion du bras de fer entre « Vidéo » contre « Cinéma », pixels contre grain, chimie contre digitale ?

En réfléchissant un peu, il y a assez peu de différences entre une caméra de cinéma des années trente et une caméra de cinéma utilisée pour le tournage de Matrix. Une caméra de cinéma reste toujours une espèce de machine à coudre encombrante qui mâche de la pellicule bruyamment.

Pourtant de sérieux progrès ont été effectués dans le domaine des films et des émulsions photographiques. Il suffit de comparer la qualité de la photographie d’un épisode en 16 mm des années 70 et un extrait en super 16 mm récent. De nos jours le rendu en super 16 mm ressemble à un rendu 35 mm d’il y a 20 ans…

Pour voir et comparer les progrès de la pellicule 35 mm et des laboratoires de développement il suffit de comparer la texture, le grain et les rendus de couleurs de films comme Duellistes et Gladiators tous deux réalisés par Rydley Scott, excellent photographe, avec 20 ans d’écart.

Il est plus facile d’être témoin du progrès de la caméra vidéo et de son support magnétique ces vingt dernières années. On passe des caméras mono tubes aux tri tubes, des monoCCD aux TriCCD, de la bande U-matic au format Beta Digital. Sans compter les « raccourcis technologiques » qu’empruntent les « Paluches » et les Camcorders DV.

Pourtant, en vidéo, qu’elle soit digitale ou pas, il y a toujours cette froideur de l’image (surtout lorsqu’on utilise pas d’obturateur électronique). Cette « cold-touch » de la vidéo est devenu tellement gênante, d’un point de vue artistique, que certains réalisateurs TV comme Gérard Pullicino (Taratata) vont même jusqu’à utiliser un effet d’obturateur électronique ainsi que des barres noires en bas et en haut de l’écran pour y remédier.

La Vidéo imite son père, le Cinéma, et pourtant elle veut le voir mourir. Un petit peu freudien tout cela, non ?

Nemo SANDMAN

Letterman

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