“28 Semaines Plus Tard”: Attention ! Quarantaine Maintenue !

5 03 2009

Affiche

Souvent les suites c’est pas la joie. Ils sont rares les films dont les suite en viennent à surpasser le premier opus.
Faire une suite c’est avant tout un point de vue de producteur. Vous connaissez “Citizen Kane 2″ ? “Tess 2″ ? “Barry Lyndon 2″ ?…
Quand un producteur ne peut pas faire de suite, il pioche dans le remake. N’oublions pas: tous les films sont des prototypes et le rêve des producteurs est de lancer une franchise genre “L’Arme Fatale” (qui dans son scénario original signé Shane Black contenait déjà les deux premiers Opus…) ou Vendredi 13… (Vendredi 1, Vendredi 2, Vendredi 3…jusqu’à 13 ?)
Donc quand on a découvert la suite du film de Danny Boye “28 jours Plus Tard” par un inconnu originaire des Canaris Juan Carlos Fresnadillo, on avait de quoi rester perplexe…
Ouh la claque !!! JCF avait bien prévu son coup. On l’a pas vu arriver !
Sa mise en scène propose des plans jamais vu, des caméra embarqués des images grandioses…
“28 Semaines Plus Tard” est à la fois ultra moderne dans son fond et dans sa forme.

Helicoptere

Alors pourquoi “28 Semaines plus tard”… quoi ? Bon reprenons:
-Jour 1: en plein Londres, un virus mutant de la rage est libéré. La contamination est ultra rapide et  en 10 secondes, on devient un cannibale fou de rage, incontrôlable, les yeux injectés de sang et on attaque tout ce qui bouge ! (un peu comme les Schtroumpfs Noirs en plus agressifs)
-15 jours plus tard: toute la Grande Bretagne est en quarantaine.
-28 jours plus tard: la Grande Bretagne a été détruite par le virus de la rage (C’est le film de Danny Boyle)
-5 semaines plus tard: les infectés sont tous morts de la faim.
-11 semaines plus tard: un détachement des forces de l’OTAN mené par les USA entre dans Londres
-18 semaines plus tard: la Grande Bretagne est déclarée non infectée
-24 semaines plus tard: la reconstruction commence, les immigrants arrivent et naturellement c’est là qu’il y a une gonade dans le consommé.

Londres

En six mois, le virus de la rage a détruit la population de la Grande-Bretagne dans sa quasi totalité. Sous la supervision de l’armée américaine, on procède au repeuplement, d’abord en ramenant les extradés. C’est ainsi qu’Andy, 12 ans, et sa grande soeur Tammy, retrouvent leur père, miraculeusement épargné par la pandémie sanglante mais porteur d’un lourd souvenir: celui de son épouse tombée sous ses yeux, et en partie par sa faute, sous l’assaut des infectés.

Le Pont

Tandis que l’aseptisation de Londres se poursuit, les citoyens sont localisés dans le centre-ville, avec interdiction formelle de franchir la Tamise. Interdiction défiée par Andy et Tammy, désireux de revoir leur domicile, où contre toute attente ils retrouvent leur mère, saine et sauve. Du moins en apparence…

28 semaines plus tard

L’angoisse va monter lentement. L’horreur absolue va se déclencher d’un coup. La douleur. La terreur.
“28 Week Later” c’est un peu Space Mountain Mission II avec un pace maker défaillant. On s’accroche mais on ne sait pas si on va survivre au prochain looping.

C’est surtout un film triste avec son thème musical lancinant répétitif qui monte en creshendo et vous laisse pantois.
A quoi bon lutter… Déjà les avions sont envoyés , Londres est bombardé au napalm…
La BO de John Murphy (il reprend son superbe thème de 28 Jours “In the House – In a Heartbeat”) est bien ancrée dans les lignes de basse, prenante, addictive, en harmonie avec les touches d’ombre dans l’image.
La photographie est quelque fois surexposée, donnant un grain et un effet qui vient saturer tel ou tel personnage, oscillant entre l’ombre et la lumière, la mort imminente et l’instinct de survie.

Fire

Véritablement film punk “no future”, le travail de Juan Carlos Fresnadillo est tellement ténébreux dans le fond et même si dans la forme il ne cesse d’innover avec de belles images techniquement très novatrices. Par exemple il privilégie l’utilisation de la Sky Cam (caméra montée sur des micro hélicoptères radio commandés) ou bien encore l’”Infected Cam” on est littéralement perché sur l’épaule d’un enragé pendant sa course sanglante. On pénètre alors dans l’espace claustrophobique, soi-disant de sécurité, ou résident les non-contaminés. Il y a alors des effets stroboscopiques et d’images rémanentes qui participent de l’ultra-tension de la séquence, c’est une vraie boucherie suggérée. Scène vraiment flippante, on distingue plus qu’on ne voit dans ce sous-sol sans issue et Dieu sait si la suggestion au cinéma, voire chez Jacques Tourneur et autres, est diablement plus efficace qu’une démonstration trop tape-à-l’oeil.
Et puis surtout comment ça court vite, un enragé ! Alors force est de constater que des milliers d’enragés se tirant la bourre en hurlant, ça fout vraiment les chocottes !

Infected Cam

Et vous en aurez pour votre argent ! Le scénario évite les répétitions et monte les enchères à chaque nouvelle séquence. Vous aurez même un bel hommage à une certaine scène de “Brain Dead” (la tondeuse) qui jusqu’alors n’avait pas été égalée dans sa radicalité !
Dans le montage, C’est très violent sans faire du freestyle MTV ou du bégaiement prétentieux à la Michael Bay et ça fait vraiment plaisir. Violent mais fluide. C’est tout l’opposé du montage de Quantum of Solace par exemple.

Miam

Juan Carlos Fresnadillo, cinéaste géographe-topographe-urbaniste sait cadrer et sait filmer Londres abominablement vidée de tous ses habitants (voir ses plans vertigineux sur l’architecture high-tech des lieux), et il sait alterner des speed cuts spectaculaires avec des ralentissements de tempo, pour laisser vivre et souffler ses personnages (et les spectacteurs!), avant la prochaine vague d’adrénaline.
Après un parcours du combattant digne d’un “Aliens”, les toutes dernières images du film, imparables, absolues, vont laisser longtemps leur empreinte dans vos rétines. Un grand film. Profondément triste mais tellement beau. On dirait un morceau de Tricky.

Quarantaine





James Bond est-il bien monté ?

2 03 2009

Aston Martin

Oui franchement ? James Bond ? Il est bien monté ou monté dans n’importe quel sens de la marche?
Il parait qu’un dessin vaut mille discours alors voila:

Montage 1

Dès les premières images de “Quantum Of Solace”, vous remarquerez que le sens général de la poursuite de voitures va de la gauche vers la droite, dans le sens occidental de la lecture, et que de plan en plan on change de sens de lecture. Et cela arrive plusieurs fois et ce dès les toutes toutes premières images de la poursuite avec les détails de l’Aston Martin…

Montage 3

Le sens de la marche change à chaque plan. On retrouve aussi ce phénomène lors du final de la poursuite:

Montage 2

Bon alors ? Cela vous dérange ou pas, vous ?
Personnellement cela me met en état de “faute grammaticale cinématographique”…
Y’a un truc qui cloche la dedans,  je “re-tourne” immédiatement. La poursuite va dans un sens, non dans ce sens là. Non dans ce sens là… Je suis perdu !!!
Pourtant les monteurs émérites d’un film à 200 millions de dollars savent ce qu’ils font non ?

monteurs

Ce n’est pas le genre à expérimenter “à donf” sur un projet aussi cher ? Non ?
Et pourtant ? Le cinéma reste une “industrie prototype”. On teste et on valide de nouvelles formes d’expressions.
Alors un film aussi énôrme que James Bond peut il devenir un film expérimental ?
En fait, il l’a toujours été. Pourquoi ? Parce que James bond est “On The Edge” depuis le début. Il doit être être à la pointe de la nouveauté. Alors, en suivant ce raisonnement, bientôt nous devrions avoir des images privilégiant le background et floutant le sujet. (Faut peut être pas pousser non plus. Mais qui sait…)
Alors James Bond ? Bien monté ou pas ?

James Bond est tout nu

Cela reste à voir. Dans le vrai sens du terme !
Le but de ce type de montage est de privilégier le dynamisme, l’adrénaline, la “tunnel vision” (dans les deux sens du terme) et le tourbillon des images. On est perdu, ca va vite. On s’accroche. Seul James Bond s’y retrouve et en un quart de seconde: il change la donne. En gros, il nous remet à sa place. On est des cochons dans l’espace, lui et bien c’est James Bond et “tu peux pas test” !
Seulement voilà pas mal de spectateurs se sentent frustrés par cette partie de boneto que se livrent les images.
“Les poursuites sont montés trop cut.” “J’y comprends rien”. “Mal à la tête!”.”T’as encore du coca ?”.

Alors faut il travailler une poursuite suivant les règles académiques de l’art ou faire du Free Jazz ?
Le plaisir, le Thrill, le truc qui fait se dresser les poils, est-il au rendez vous ?
Ou bien n’est ce qu’une question de gout ? (Et je ne parle pas des poils.)

Bondbouille

Telle est la question. Mais des fois dans les scènes de poursuite, force est de constater qu’il faut s’accrocher pour suivre…

Nemo Sandman








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