Logan’s Run: le Peril Jeune

20 03 2009

“Quand Ton Cristal Mourra” c’est sous ce titre super vendeur que “Logan’s Run” (L’Age De Cristal) a été édité chez Denoël en 1969.
Best seller aux US le livre de William F. Nolan et George C. Johnson a été ensuite adapté au cinéma en 1976.
Le pitch: Quand la grande majorité de la population a moins de vingt ans, comment s’étonner qu’un jour les jeunes s’emparent du pouvoir? C’est ainsi qu’en 2116 l’Amérique est devenu une société cybernétique où les rapports entre les sexes sont illimités où les notions de bonheur et de malheur n’ont plus cours, où une loi exige que tout individu , à son vingt-et-unième anniversaire entre dans le “Profond Sommeil” c’est à dire la mort.

Une police spéciale (Les limiers ou Sandmen en V.O.) est chargée d’abattre les rebelles mais quel espoir peuvent avoir ces fugitifs ? C’est ce que se demande Logan, un Sandman, qui se met délibérément hors-la-loi pour découvrir le secret du “Sanctuaire” – là où les hommes vivent et meurent librement…

Contrairement au film dystopique de Michael Anderson (réalisateur de Doc Savage l’Homme de Bronze ou encore d’Orca), la fin de vie, dans le livre, est fixée à 21 ans. Dans le film, pour engager Michael York et le reste du casting, l’age “crystal rouge” était de 24 à 30 ans. Aussi, toujours dans le roman, il n’y a que trois couleurs: 0-7 (Jaune), 7-14 (bleu), 14-21 (rouge) ! L’age adulte était de 14 à 21 ans ! Une société de D’jeuns ! Un peu comme un groupe Facebook à l’échelle planétaire ! Idem pas de guerre nucléaire ayant créé la Cité des Domes mais une révolte sanglante de la jeunesse appelée “La Petite Guerre”. Francis le Sandman (Le Marchand de Sable) n’est pas tué mais se révèle un chef des rebelles. Et Sanctuary existe vraiment… sur Mars !
Et l’équipement du Sandman pour “terminater” un Fugitif (Runner en Anglais, d’ou le titre Logan’s Run) n’est pas un laser avec échappement de flammes étoilées au canon mais un revolver avec des munitions dignes de Judge Dredd: balles à tête chercheuse, paralysantes, empoisonnées…

On parle d’un remake depuis 1990 avec Joel Silver en pleine heure de gloire à la prod, puis en 2004 Bryan Singer (“X-men”) planche sur un remake proche du roman. Depuis 2007 le réalisateur soutenu par Warner Bros et Joel Silver est Joseph Kosinski, un jeune réal qui vient de l’architecture. Il planche aussi sur “Tron 2.0″ (avec Daft Punk pour la musique !)





MILK: Adieu veau, vache, cochon, couvée.

3 03 2009

Sean Penn as Milk

Milk raconte l’histoire vraie d’Harvey Milk, conseiller municipal à San Francisco et l’un des premiers hommes politiques à avoir parlé ouvertement de son homosexualité. Le 27 novembre 1978, il est assassiné par Dan White, l’un de ses collègues…

D’un coté, Gus Van Sant m’épate. Dans chacun de ses films il arrive à transcender des taboos. Que ce soit la violence ludique dans “Elephant”, le lesbianisme pluridigital dans “Even Cowgirls Get The Blues” ou la manipulation sexuelle dans “To Die For”. J’aime son cinéma, et parmi mes films préférés il a aussi réalisé “Good Will Hunting”. En plus c’est Bryan Singer (Usual Suspects, X-Men) qui devait réaliser Milk à la base…

Gus Van Sant

D’un autre coté, je ne connaissais absolument pas Harvey Milk, ni son destin tragique, ni son combat, ni ce qu’il représente pour les Gays.  En revanche je connais et j’aime la ville de San Francisco, son ambiance, ses odeurs, sa lumière. Que ce soit dans “Bullit”, “les Rues de San Francisco”, “L’Aventure Intérieur”, “Les Aventures de Jack Burton”, “Basic Instinct”, “The Rock” ou encore “Zodiac”, SFO est une ville qui s’est fait reine du grand écran large. Avec ses rues pentues et ses ciels bleus aveuglants, ses cables cars, ses crabes énormes, son China Town, sa Coït Tower et ses habitants à grands moustaches habillés de cuir luisant, c’est à dire les fameuses Otaries du Pier 39 ! SFO c’est pour moi aussi une ambiance à la Mystère de l’Ouest (une série très gay pour le coup!) avec ses brumes, ses maisons de bois, ses cornes de brumes et ses cloches des navires dans la nuit et la Maison Bleue de Maxime Leforestier.

San Francisco in 1972

Ce fut ma motivation première pour découvrir Milk. Un peu comme si un féru d’astrophysique découvrait la Guerre des Étoiles pour des raisons purement astronomiques.  Découvrir un film politique pour des raisons touristiques !

Milk est à la fois un hommage et un film “avec un message” concernant le sujet vaste de la place de l’homosexualité dans une société de plus en plus régie par la morale. Sujet qui reste dans l’actualité après l’élection de Obama (et en France avec Nadine Morano, aujourd’hui c’est la première fois que la famille homo parentale est reconnue dans un projet de loi).
Un film élégant tout en nuance dirigé par un Gus Van Sant, utilisant des images d’archives mais aussi une une minutieuse reconstitution des années 70.  Une époque où le coeur de SFO était habité par les hippies et les gays ou les couleurs oranges prédominaient et les téléphones faisaient BLLLLLLLING lorsu’ils sonnaient.
Gus Van Sant retrouve aussi la musique Danny Elfman (ils avaient travaillé ensembles sur “Prête A Tout” avec Joachim Phoenix et Nicole Kidman). Il signe l’une de ses meilleures bandes originales depuis longtemps. Loin des clichés qui l’ont rendu célèbre de Tim Burton à Desperates Houswives en passant par les Simsons. Elfman développe et aligne de beaux thèmes soulignés par un soupçon de cordes et de piano digne d’un travail des Porcupine Tree !

Milk

Au niveau du casting, personne ne tire la couverture, mais force est de constater que c’est une belle brochette de talent:
Emile Hirsch après avoir été dirigé par Sean Penn dans le long et lent “Into The Wild” et conduit un bolide manga dans le vomitif “Speed Racer” donne une nouvelle preuve de l’étendu de son talent.
James Franco pose son charisme tranquille et est très convaincant dans le couple qu’il compose avec Milk.
L’épatant Josh Brolin tout en retenue compose le personnage complexe de Dan White.
Mais surtout Sean Penn extraordinaire qui comme dans le film légendaire de Brian de Palma “Carlito’s Way”
sait se faire complètement oublier. Il est Harvey Milk mais certainement pas le Sean Penn boudeur Président du dernier Festival de Cannes. A la fois fragile, pugnace et sensible, le personnage porte le film sur les épaules.
Tout le casting est une réussite: Diego Luna, Alison Pill… que de talents !

Sean Penn

Gus Van Sant est très inspiré par ce projet qu’il portait en lui depuis presque dix ans. Pour le coup, il fait de la haute couture, travaillant sur les reflets, changeant de rythme. Il sait rendre digeste un bouillon amer servi par l’excellent scénario et les dialogues de Dustin “Lance” Black (activiste gay et scénariste de “Big Love” une série sur la Polygamie au sien de la communauté mormon..).

Gus Van Sant

Il nous propose de nous faire comprendre les motivations et le point de vue d’Harvey Milk, le rendant vraiment attachant et touchant dans son courage et dans sa vie de chaque instant. On comprend avec sympathie (littéralement en partageant la douleur) toute la force et le courage qu’il faut pour se lever et défendre ses droits et combien sont précieux ceux qui osent tenir tête à la bêtise des meutes. Quitte a créer sa propre meute avec tous les inconvénients et concessions qui en découlent…

Maintenant, ce n’est pas un film que tout le monde comprendra. D’ailleurs, d’après mes informations “Milk” se traduit en japonais “Moohmooh Fluid” et l’affiche sera rose.

Mooh Mooh Fluid








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