Pixar: Toy Story 3 – La franchise des jouets

3 01 2010

Dix ans après Toy Story 2, nous allons réouvrir le coffre à jouets le plus célèbre de la planète !
Toy Story est finalement la seconde trilogie (après Star Wars) qui mette en scène son propre merchandising, sans vergogne et avec un talent inégalé: celui de l’équipe Pixar. P comme “P’tain”, I comme “iesssss!”, X comme “Xorglub” et “AR” comme “Arty-Show” !

Toy Story 3

Ne nous y trompons pas. Une fois encore ce film ne va pas s’adresser (qu’)aux enfants mais bien avant tout le reste du monde civilisé: aux Adultes avec un grand “A” comme dans PixaaAAar! C’est cela la “trademark” de PixaAar. Pour peu qu’on veuille se pencher un peu sur l’ensemble des œuvres des “fous du 1200 Park Avenue”, Emeryville Californie, troisième à gauche derrière le Starbuck Coffee; ils utilisent le sous-public des 3-12 ans pour attirer les parents, oncles, grand mère, parrain et baby sitter, possesseur de cartes bleus comme des pécheurs utilisent des bouchons et des cuillères multicolores pour taquiner le gardon ! Et je peux hurler à la face de cette planète: chacune de leurs prouesses est l’occasion de relever le niveau mondial de création cinématographique! Pas moins ! Et actuellement, “force est de constater” que Pixar est inbattu/table même si ils ont fait des émules mercantiles chez Dreamworks par exemple… Il y a un “esprit” Pixar: the Pixar Teutch et on ne peut pas la copier. Nan, nan, nan !
Déjà, ce sont les seuls actuellement à savoir “créer de la vie” dans le regard de leurs personnages animés. Il suffit d’observer les tentatives du talentueux Robert Zemeckis avec sa super nouvelle technique brevetée “Performance Capture” sur ses mega films comme “The North Pole Express” ou encore “Beowulf” pour s’apercevoir que ses “avatars” ont des regards de poissons morts, sans la moindre étincelle de vie quand on les compare à la première binette esquissée chez Pixar. C’est un écueil que Cameron a réussi à éviter dans Avatar, mais sans frôler le haut degré d’expression que les animateurs anthropomorphes Pixariens ont réussi à atteindre et ce dès le début avec leur lampe de bureau animée! Il y a donc des grOs talents au sein de Pixar que les concurrents n’ont pas réussi à clôner ni à mettre en algorithme fractal et c’est semble-t-il la “Human Teutch”. Et c’est ce qui rend les vieux films Pixar toujours regardables même avec les progrès logarithmiques du Rendering que nous vivons depuis l’avènement officiel du silicone au sein du cinéma pendant les années 80 (Tron, The Last Starfighter, Abyss…). A noter que dans le premier Toy Story, les êtres humains étaient absents pour des raisons de contournement technico scénaristique, puisque John Lasseter n’était pas satisfait de leur rendu possible à l’époque. En adaptant les limites techniques constatées au besoin du film, un film Pixar quelque soit l’époque de ses productions devient immédiatement une œuvre intemporel, pire: un classique du cinéma.

Toy Story 3

Ensuite au niveau du scénario, chaque film signé par Emeryville, est du “cousu main”, du travail d’artisans. Le projet lors de son écriture et de son développement est remis en question par un “collège” d’auteurs réalisateurs (dont John Lasseter lui-même) qui travaillent ensemble afin que le film soit de la meilleure qualité possible. C’est au sein de ce pool de scénaristes et réalisateurs que l’égo du réalisateur responsable en chef est fondu puis reforgé afin de mieux servir son œuvre. C’est une aide formidable pour le réal de trouver conseil et d’entendre sans langue de bois ce que ses pairs pensent de son travail en cours, lui offrant aussi leurs meilleurs idées d’améliorations ou de contournement d’obstacles. Donc quand on regarde un film Pixar on regarde finalement une oeuvre collective réalisée en petit comité d’artistes. Ce qui pourrait expliquer le haut niveau obtenu dans les scénarii des longs comme des courts métrages produits au 1200 Park Avenue ?…
N’oublions pas que Georges Lucas, Steven Spielberg et Francis Ford Coppola ont souvent agi de la sorte pour soutenir leurs projets respectifs… pour nous servir sur un lit de mâche: “Howard The Duck”, la seconde trilogie Star Wars et même “SuperNova” (au montage: Francis Ford ! Si! Si!) …
Alors réaliser un Toy Stoy 3, ca ne serait pas un moyen ultra facile d’engranger des millions de dollars avec un film que tout le monde souhaitera aller voir en famille et dont les produits dérivés vont envahir les rayons de la rentrée scolaire comme une éruption cutanée après une orgie de cerises ?… Il est certain que Toy Story 3 sera un grand succès et que la moisson de dollars sera plus que bonne en cette période de récession mondiale. Il est à parier que vu le sujet aborder (la fin de l’enfance et de l’engouement des jouets en plastique pour d’autres jeux nécessitant finalement assez rapidement, signe des temps, d’autres jouets en plastique…), ce film va encore illustrer, avec finesse, mélancolie (Randy Newman!) et (fausse) désinvolture les petits travers de notre société de consommation et de l’industrie du rêve. Mais ne nous leurrons pas: à chaque nouveau Pixar des risques sont pris. Il suffit de visionner “La-Haut’ pour voir qu’un héros du troisième age armé d’un déambulateur n’était pas, au départ, un pari gagné d’avance.

Toy Story 3

Toy Story a su se frayer un chemin dans notre imaginaire au point de nous faire vibrer encore 15 ans après. Et oui à l’époque où Cameron écrivait Avatar, sortaient les premières aventures de Woody et Buzz…
Toy Story 3 de Lee Unkrich (monteur de TS1 & 2) doit sortir en juin 2010. Ca va tout simplement être Noel en plein été !

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District 9 – La niaque qu’il manque à Avatar !

22 12 2009

DIstrict 9

C’est en voyant District 9 qu’on se dit que James Cameron aurait du passer la main à Neill Blomkamp.
Vous me trouvez injuste ? Ben…. je m’pose des questions quand même !
Neill Blomkamp, jeune réalisateur issus des effets spéciaux, nous a livré un film étourdissant pour moins du dixième du budget du grand bleu de Cameron.
Il aborde en plus un sujet que son ainé avait exploré dans son scénario d’Alien Nation. Les E.T. ont débarqué, il faut les gérer comme les immigrés qu’ils sont.
Mais la comparaison ne s’arrête pas là. Là où Cameron flirte avec le racisme anti-indiens (les peaux rouges contre les tuniques bleues) Blomkamp flirte avec l’Apartheid (les blancs parquent les noirs). Comme Jake, Wikus va devenir un alien. Contre lui va s’opposer un militaire ultra violent à la solde d’un trust multinational et le final sauvage se jouera aussi en armure exosquelettique géante ! Et même la poésie des dernières images termine d’unir ces deux films…
Pourtant “District 9″, dans sa fougueuse jeunesse, va innover à chaque plan dans son cadrage et dans son montage, là où Cameron fait du méga classique, du blockbuster mainstream tel qu’on le connait depuis 10 ans. Classieux certe, mais classique…
Pour le spectateur de District 9; il en résulte une immersion totale, un vrai tour de manège magique où on se demande bien comment tout cela va finir. Alors que pour Avatar on ne doute pas une seconde de la fin ! C’est toute la différence entre un “ride” malin et surprenant et un grand huit ou on devine à l’avance la trajectoire des wagonnets.

District 9

Il est certain qu’au niveau rendering et animation les Prawns de D9 sont plus faciles à gérer que les Na’Vi: des carapaces chitineuses sont toujours plus faciles à rendre en 3D que des muscles sous la peau, des cheveux, des poils ou des plumes. On ne peut définitivement pas comparer des grenades et des oranges bleues ! Mais dans “District 9″, les grenades font BANG là où les oranges (bleues) font plouf sur Pandora car Neill Blomkamp apporte cette hargne et cette envie de “rentrer d’dans” que l’on trouvait dans Terminator ou Aliens. Son film dépote grave sans laisser un moment de répits ! Il a une forte personnalité et son traitement façon reportage ose montrer des images “crades”: les E.T. font pipi, sont violents, mangent de la viande crue, sont cracras comme les boat people intersidéraux qu’ils sont. Mais autant ils peuvent dégouter et autant on peut prendre parti pour eux tout au long du film. A aucun moment on reste indifférent.

DIstrict 9

On le sait maintenant les effets spéciaux permettent de tout faire mais on continue de nous vendre des films sur leur qualité seule au détriment de la narration cinématographique ! District 9 non seulement vous fait passer un excellent moment mais en plus il donne envie d’en voir plus.
Pourtant en relisant le “scriptment” (premier jet sans dialogue) d’Avatar. Un document qui a circulé sur le net sans autorisation de son auteur et que j’ai (peut être) récupéré par le plus grand des hasards mais certainement pas conservé ce qui aurait fait de moi un contrevenant ce que je ne suis pas… bref en relisant ce bouzin on s’aperçoit de la richesse incoryable du propos de Cameron. De son travail minutieux sur l’exobiologie mais où est passé le “Slinth” prédateur pandorien qui perd la tête au sens propre *)… et ben je vous promets que le film sur les écrans actuellement n’en a que 50% ! Basé sur ce document il y avait de quoi faire un film incroyable plus dense et cohérent, plus speed avec des personnages plus complexes. On a l’impression que la production a perdu des pages en route ou a du faire des choix… Là encore cela me rappelle ce premier draft de King Kong signé Fran Walsh et Peter Jackson qui avait une autre allure que leur nanar pantagruélique !

Quels sont donc les choix de productions qui lissent les projets vers le bas ? Où est l’intérêt à rendre moins intelligent un projet ? A plaire aux masses qui découvrent l’Iphone ?…

(*) The slinth is a large predator, fast as a cheetah, that spears its prey with its head, which is like a venomous lance. The
prey wobbles off and collapses, alive and conscious but unable to move because of the neurotoxin. The slinth eats it alive.





Avatar… La boite de Pandore s’ouvre… quinze ans trop tard.

20 12 2009

Niveau images, spectacle, textures, modeling… rien à dire, Avatar rempli son contrat… Pourtant. Il y a quelque chose qui cloche la dedans. On en ressort chaud mais pas fatigué. C’est un bon spectacle mais… on sent bien qu’on ne vibre pas avec cette envie d’y retourner pour revivre encore une aventure sur Pandora.
Keskise passe ? Il y a comme une impression de déjà vu ! “Much A Do About Nothing” dirait Shakespeare…
On passe un bon moment… mais on place ses attentes tellement haut… qu’on se pose des questions d’enfant gâté, qu’est ce qui gâche la fête.
Déjà l’affiche est laide à pleurer. Une horreur ! Toutes les affiches sont moches !
Ensuite l’héroïne du film, la planète Pandora, au vu du traitement que j’avais entre les mains depuis une dizaine d’années (dans lequel Jake s’appelait encore Josh…), et bien Pandora devait nous donner un peu plus les chocottes. Le danger qui rôde derrière chaque feuille, comme un safari sur une planète ou la moindre piqure de moustique est mortelle… Et ben que nenni. Pandora est finalement bien moins dangereuse que l’île de King Kong ! On peut s’y balader en hélico sans faire la moindre mauvaise rencontre.
Cameron

Mais d’ou vient cette impression de déjà vu ? Franchement. Regardez bien. Des êtres bleus qui vivent dans des arbres ou des champignons. Qui montent des bestioles volantes…. Qui parlent un langage inconnu…
Oui mais c’est bien sur ! Ce sont les Schtroumphs ! Même peau bleue, même discours écologique…

Schtroumph Avatar

Et si c’était un plagiat de Dune ?  Paul, l’Atreides recueillit par les Fremen qui ont les yeux bleus ! Et qui arrivent à botter les fesses de ceux qui veulent le précieux épice !

Mince et si avatar était simplement sorti trop tard ? Que nos yeux et nos exprits se soient déjà habitués au supra spectaculaire digital en trois D ?
Maintenant que l’on le sait on peut tout faire… ou est passée la magie quand on sait que tous les souhaits peuvent se réaliser ?
Que la xenobiologie la plus dépaysante se promène dans les featurettes de Scifi…
Que les films roller coaster avec personnages ultra fouillés sont l’apanage de Pixar…
Que les batailles grandioses peuplent notre imagination ad nauseam depuis les 12 heures de la Trilogie de l’Anneau.

Autre douche froide: Comment Avatar peut-il nous proposer un dépaysement total avec une musique aussi bâclée. Le coupable: James “photocopieuse” Horner (140 bandes originales à son actif!) qui nous ressert sans aucune vergogne un des thèmes central de Willow (un quadrille pour illustrer “la menace” qui était déjà apparu dans sa bande originale de Brainstorm de Douglas Trumbull en 1983! Si c’est pas du recyclage ou du réchauffé !!!)… On en vient à regretter le travail que proposent les assistants opportunistes de Hans Zimmer quand ils doivent fournir de la musique au mètre. Malgré le philharmonique: aucun lyrisme, aucune poésie… des flutes tribales à deux balles et des coups de tambours saupoudrent une partition déjà entendue mille fois dans le premier jeu RTS venu. (A croire que les compositeurs de jeux videos ont dix fois plus d’inspirations que les vieux routards d’hollywood!) Alors pourquoi avoir ressorti Papy Titanic et ne pas avoir osé expérimenter ? La SF s’y prête tellement bien de 2001 à Star Wars en passant par Dark Star ou encore par les somptueux trombones de Matrix! Georges Lucas avait réussi à imposer le romantisme de John Williams pour son film de SF, alors que les producteurs voulaient des synthés disco qui faisaient modernes ! C’est ça qui fait qu’un film est exceptionnel, il ouvre de nouvelles voies que d’autres vont vite emprunter… Pourtant James Cameron avait plutôt fait un beau parcours: le tango de “True Lies”, le thème triste et entêtant de Terminator, les voix Fairlight d’Abyss… le thème irlandais de Titanic (pas Céline Dion! Pitié pas elle !!)

Si la nouvelle voie d’Avatar est le rendering de paysages somptueux, la série des jeux et des films “Final Fantasy” la visite depuis une décade. Et donc on pourrait se poser cette question: est ce que James Cameron est trop “usé” pour s’éclater à fond avec des images jamais vues ? En se réfugiant derrière l’alibi de la 3D, ne serait il pas simplement en manque d’imagination. Je parlais de Strange Days, réalisé par Katheryn Bygelow sur un scenario de Cameron, vous vous rappelez de la scène d’ouverture. Un plan séquence époustouflant. Du jamais vu. La technique au service de l’histoire.  Dans Avatar, James Cameron met en scène des chorégraphies soignées mais d’un classicisme éprouvé et éprouvant. A croire qu’il ne travaille plus qu’avec les paradygmes dictés par les studios. On ajoute couche après couche, jusqu’au climax.
Le seul hic, c’est que 90% des films utilisent les mêmes paradygmes et que le spectacteur s’y attend.
1- Mise en place 2- Montée en puissance des belligérants. 3- Les méchants vont gagner. 4-Toutéfoutu (ralenti, musique triste). 5- NON! La cavalerie arrive ! Les gentils sont sauvés.
C’est du supra classique. Du déjà déjà vu. Même si c’est beau… on connait la musique.
Regardez un peu “Monster & Cie” et voyez comment ces paradygmes sont cassés. Ou même regardez Terminator 2 et voyez comment la tension est gérée. Ce qui le rendait unique à l’époque.

Et si le casting était aussi une mauvaise pioche ? Le héros est il charismatique ? Belle gueule mais… un peu fade non ?
Le héros de “Danse avec les Loups” était plus large d’épaule sur le même thème. Un personnage tourmenté. Un héros en devenir. Et niveau casting, James Cameron est devenu son propre cliché. Tiens la soeur jumelle de Ripley! Tiens, vous aviez aimé Vasquez (Janet Goldstein) dans Aliens ? Il vous en sert une nouvelle avec Michelle Rodriguez ! Vous pensiez que le Lieutenant Coffey était mort dans Abyss ? Que nenni il est devenu Colonel ! … Clichés sur clichés, le fan de Cameron, qui se regardait Aliens en boucle, reste sur sa faim. C’est du réchauffé.

Avatar arrive donc trop tard. Il a été depuis longtemps grillé par des Seigneurs des Anneaux et par des Chroniques de Riddick et même par des trailers de jeux vidéo…  la boite à surprise digitale a été depuis longtemps ouverte. Depuis presque 20 ans quand Jurassic Park est sorti: musique somptueuse, mise en scène ultra maline (la pluie, les vues dans les retroviseurs), l’humour ! Tiens l’humour, un élément quasiment absent d’Avatar. On sourit un peu et on ne frissonne jamais.
Maintenant comment va fonctionner l’arrière gout sur un film comme celui là. La geek culture va elle trouver ses marques ? Il y a t’il une seule ligne de dialogue qui se détache du lot ?… Mince…mince… mince…  Rien ne me vient à l’esprit à part “This is cool !”, ben ça va pas loin.
Quand on a les moyens et le talent de James Cameron, il est dommage de tomber dans le “mainstream” au lieu de casser la baraque une bonne fois pour toute !  Quand est-ce qu’il va nous sortir un “Million Dollar Baby” ? Quand on voit comment J.J. Abrahams booste Star Trek en s’amusant et explore le film de monstre avec Cloverfield utilisant des images videos modernes et de nouvelles propositions narratives. Mieux le travail du jeune auteur réalisateur Neill Blomkamp qur District 9 qui arrive à un résultat épatant pour un dixième du budget d’Avatar! L’exceptionnel se nourrit de l’expérimental. L’Ultra classicisme (“clichécisme”) d’Avatar dessert l’expérience et le dépaysement. On n’a pas vraiment peur, on ne rit pas non plus, on n’est pas tellement dépaysé, on ne sursaute pas… (exactement l’inverse d’un “District 9″ !) à force de vouloir plaire à tout le monde on plonge dans un grand bain bien tiède. (Avatar est comme une armée de strip teaseuses qui se déssapent toutes en même temps dès le début. Alors qu’on se contenterait d’une seule qui sache nous suggérer qu’elle va se déshabiller sans jamais enlever le moindre vêtement. La suggestion est tellement plus évocatrice que le fait de montrer tout…)
avatar
Avatar est un vieux film fait avec de jeunes techniques de mise en image car James Cameron n’a pas su amener de nouvelles techniques ni dans sa mise en scène ni dans sa manière de raconter une histoire ultra méga classique déjà mainte fois ressassée. Un exemple ? L’introduction du personnage de Parker Selfridge en yuppy jouant au golf dans la salle de contrôle. On nage en plein cliché des années 80. Pocahontas dans les étoiles est bien fade et ses personnages sont bien peu épais. Avatar est un film écrit il y a quinze ans, imaginé il y a vingt ans et qui sent la naphtaline au niveau de sa structure narrative et dans sa manière de filmer. Même si les images sont somptueuses, on feuillète un beau livre où l’histoire a déjà été éventée. Pourtant, j’ai passé un bon moment là où j’attendais un excellent moment, le grand frisson, l’adrénaline… Une nouvelle façon de montrer du jamais vu ! Le synopsis de 80 pages qui trainait sur le net était bien plus évocateur, bien plus communicatif, bien plus pêchu ! Le bestiaire plus fourni et des promesses spectaculaires et non plus une intrigue cousue de fil bleu: “Seulement cinq guerriers ont réussi à monter un Turok !”…Devinez qui serra en le sixième ?
Rien d’extraordinaire au niveau de la narration. Et ça c’est rageant. Même si Avatar n’est pas une catastrophe, cela a cette arrière gout qui nous rappelle Peter Jackson et son King Kong… Alexandre Astier et son Livre VI… L’humour disparait, la musique est bâclée, les clichés pleuvent…
Est-ce seulement quand ils sont bridées que les artistes donnent le meilleur d’eux mêmes ?

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Battle for Terra : un sous Avatar en vue ?

10 04 2009

Battle for Terra

On accuse souvent les internautes de fuites ou de spoilers… cf Wolverine, Terminator et… Avatar dont le “treatment” (Le premier jet qui sert de référence avant d’entamer l’écriture du scénario) circule depuis plus de 10 ans.
Mais entre eux les studios ont la fâcheuse tendance de se tirer la bourre d’une manière assez ridicule. Rappelez vous la mode des film sur Mars: “Mission To Mars” contre “Red Planet” et puis les films millénaristes catastrophes: “Deep Impact” contre “Armageddon” …
J’ai l’impression qu’on remet ça, en effet, comme par hasard, sort le premier mai prochain un film entièrement en image de synthèse “Battle for Terra” d’Aristomenis Tsirbas qui a un petit gout d’Avatar…
Qu’a t ‘il de commun avec le futur film de James Cameron ?

Battle for Terra

Dans le fond:
-Les humains sont les vilains envahisseurs d’une planète de gentils aliens !
-Des humains vont se rebeller et combattre du coté des gentils aliens

Dans la forme:
-l’utilisation massive des images de synthèse. Même si le projet de Cameron se veut ultra réaliste.
-Sortie prévue en 3D.

Battle for TerraDes aliens aux grands yeux: la recette Teletubbies fonctionne toujours!

Les différences sont aussi innombrables, et on ne peut pas accuser “Battle For Terra” de plagiat car il met l’accent sur des batailles spatiales et un graphisme très “Clone Wars” ! Le film de Cameron sera beaucoup ambitieux pour son coté “documentaire animalier” d’une planète où toute les créatures, plantes ou animaux sont léthales: dents razoirs, neurotoxines, vitesse de frappe…
Mais une fois de plus lorsqu’un studio exploite un filon, tout de suite il y a des répliques!

Battle for TerraL’attaque des crucifix volants ! Il y aurait il un message caché ?

Une de ces “modes de réplique” les plus droles fut celle que provoqua le tournage d’Abyss. A l’époque la seule information qui circulait sur le projet, à ce jour le plus personnel de James Cameron, était: “Y’a des Aliens et cela se passe sous l’eau!”. Et zou ! Quels sont les “chef d’oeuvres” qui sont sortis juste avant “The Abyss”: “Leviathan” et “Deep Core Six” ! Deux grands moments de solitudes sub aquatique avec chacun leur lot de Ripley et d’Alien baveurs… sous l’eau ! Leviathan est un merveilleux petit bijou de gachage de pellicule, un chef d’oeuvre de vulgarité absolue. C’est le genre de film qu’il faudrait étudier en école de cinéma: vous me copierez cent fois: “je ne chercherai plus à piquer les idées des studios voisins…”

Battle for TerraUn cousin à WALL-E ?

Le problème au final est un risque de saturation du spectateur par rapport au sujet abordé. Pour une idée qui est à la mode on se paye plusieurs nanards bâclés avant de tomber sur la perle qui a provoqué cette panique opportuniste… Enfin, sur ce coup, on ne pourra pas accuser les Internautes de ruiner l’industrie cinématographique en gâchant l’effet de surprise, les Studios savent très bien se tirer une balle dans le pied sans l’aide d’Internet !

Battle for TerraEt encore des crucifix volants…





James Cameron’s Avatar que jamais !

16 03 2009

-Cliquez ici pour mon point de vue sur Avatar -

James Cameron AvatarJames Cameron dirige Sam Worthington (Jake)

Depuis pas mal de temps un teaser d’Avatar se promène sur youtube avec des plans pompés sur la Trilogie Qatsi et même une musique de Philip Glass… Pas très émoustillant ni vraiment dépaysant quand on sait ce que doit être le prochain film de James Cameron, développé sous le nom de “Projet 880″… Depuis 3 ans le “scriptment” (Continuité non dialoguée) de James Cameron a disparue des sites de téléchargements de scénario. Heureux ceux qui l’ont encore en leur possession… :-) car c’est justement à cette exercice que James Cameron est un tueur:  l’écriture ! Et le vrai teaser, il est là entre les lignes ! Une débauche de descriptions, de moments spectaculaires écrits pour transmettre l’envie de travailler sur le projet “Avatar”.

L’idée d’Avatar: dans le futur, Jake, un ancien militaire handicapé se voit offrir la possibilité d’aller explorer un monde extraterrestre, Pandora, incroyablement dangereux mais recélant un minerai plus rare que tout, et de devenir un des ambassadeurs au près des indigènes, les Na’vi. Pour s’intégrer, il va vivre “au travers” d’un Avatar, réplique alien de son propre corps. Mais en changeant de point de vue, il va découvrir l’enfer de Pandora sous un nouveau jour, les enjeux vont se retrouver ainssi transformés et il devra prendre parti… Alors lire le scriptment, c’est donc comme se payer un monumental teaser avec les réflexions de Cameron en prime. Des réflexions sur les effets recherchés, les émotions, la psychologies des personnages. Ce genre d’éléments qui ne sont pas aussi facilement décrits dans un “vrai” scénario. On comprend aussi pourquoi au moment de son écriture, la technologie n’offrait pas la possibilité de rendre de le monde extra terrestre de Pandora véritablement vivant. Pour info, Pandora est la nouvelle “amérique”, une planète lointaine ou tout est dangereux et mortel, plantes, insectes, herbivore et prédateurs, courant rampant, ou volant… donc spectaculaire, violent et époustouflant de beauté. Si James Cameron tient ses promesses, le film devrait être un opéra sauvage sublime. Son premier jet était tellement prometteur… Un mélange de “Danse avec les Loups” et “Jurassic Park” version dépaysement absolu. Car Avatar va aussi nous décrire et nous immerger au sein d’une civilisation extraterrestre, celle des Na’vi, les véritables seigneurs et gardiens de Pandora !

Na'viUne preview d’un(e) Na’vi !

On aurait pu penser que plus le temps passait et plus son “Projet 880″ se retrouverait pillé. Et ben non justement, principalement à cause de son pari technologique de faire vivre et de nous faire découvrir un autre monde dans ses moindres détails. Car la véritable héroine d’Avatar, c’est Pandora dont les descriptions du scriptment laissent présager une jolie baffe (montagnes volantes, troupeaux de géants, prédateurs volants, bioluminescence…) !  Très excitant tout cela… Surtout quand on connait la passion de Cameron pour l’ingénierie et l’application des nouvelles technologies aux prises d’images. Il va falloir attendre décembre 2009… peut être pour découvrir une version en Imax et en 3D pour un budget de 300 millions de dollars !!! ?

Ci dessous le lien vers un interview de James Cameron expliquant que pour réaliser Avatar, il lui a fallu 5 ans de travail (contre 18 mois sur Titanic) et 1700 plans d’effets spéciaux (contre 42 dans Terminator2)!

La toute dernière interview de James Cameron. En anglais !
Dans “The Hour with George Stroumboulopoulos”

AvatarPlutôt décembre 2009 maintenant…

-Cliquez ici pour mon point de vue sur Avatar -





Millenium Antipelliculaire II: La Revanche du Chevalier Noir.

1 03 2009

IMAX

Christopher Nolan a toujours voulu le faire. Il l’a fait: Utiliser des cameras IMAX !
Quelle hérésie ! A l’époque du Tout Digital ! De la caméra sur l’épaule ou dans la main, tellement elle est légère, tellement est sophistiquée tellement c’est la fin de mon cinéma traditionnel à moi !
Les six grandes scènes d’action du film “The Dark Knight” ainsi que les plans aériens ont été tournées au format Imax. Ca c’est le progrès: les caméras IMAX sont tellement bruyantes que les dialogues ont été ré-enregistrés pendant la post prod. Les caméras IMAX sont tellement lourdes (100kg) qu’il faut des systèmes spéciaux, inventés pour le film, pour les manipuler sans se démettre une épaule ou mourir écraser.

IMAX

Pour effectuer les mouvements de caméra spectaculaires des scènes d’action, Christopher Nolan et son directeur de la photographie Wally Pfister ont fait appel à la société Ultimate Arm, créatrice d’une grue télécommandée à mouvement gyroscopique, dont le bras a été sérieusement renforcé pour supporter le poids de la caméra IMAX. Je ne vous dis pas le prix: c’est indécent.
En plus il ne s’agit pas de rater sa prise car il faut attendre 5 jours de labo pour voir le rush, sachant que trois fois plus de pellicules sont nécessaires lors de la prise avec la caméra chaque seconde. Pour le coup il est dramatique d’exploser une des quatre caméra Imax disponibles dans le monde. Et ce fut pourtant fait lors de la poursuite en Batmobile !

Batpod

Alors à l’époque du cinéma vidéo en HD, où la miniaturisation permet de placer des “paluches” dans les recoins les plus insensés, quel est l’intérêt à se coltiner des engins aussi imposants, volumineux, bruyants, fragiles et pesant leur quintal à  surtout attendre une semaine pour savoir si la prise est vraiment bonne? Etre candidat à Ulcère Academy ?
Mais le piquet de l’image, le rendu, la qualité, le cadre, tout cela contribue à l’immersion dans le film pour une expérience incroyable !
Toutes les scènes d’action prennent une autre ampleur. Rien que le début avec le Heist du joker, vertigineuse descente le long du filin où on s’accroche aux bras de son fauteuil. Mieux, l’envol de Batman à Hong kong tient du ride le plus violent, sans compter la poursuite en camion et l’intervention de la BatPod…

Batman Glides

Ainsi, force est de constater (je l’ai dit!) la “vieille machine à coudre” argentique n’a pas dit son dernier mot ? Elle propose une résolution de 70 mégas pixels et un piqué tel que les chef décorateurs et opérateurs doivent reconsidérer leur façon de travailler: les spectateurs étant placés beaucoup plus près de l’immense écran à cause de la meilleure définition, ils voient le moindre grain de poussière. Et cette ancienne et lourde technologie entre les mains d’un magicien comme Christopher Nolan a fait vaciller le “Titanic” sur son piédestal. Même si Cameron expérimente depuis plusieurs année l’Imax en 3D… peut-être pour “Avatar” ?

Nolan
Vous noterez le bouclier anti postillon à double vitrage

Pourtant il faut construire des salles qui puissent projeter un film IMAX. “The Dark Knight” dure 02h30 et il faut 45 bobines pour 40 km de films et près de 300 kilos de pellicule ! Mais c’est à ce prix qu’on s’offre une Toile en Imax, une expérience unique pour les spectateurs, en faisant la nique à tous les DIVX pirates disponibles sur l’autre toile… celle du pire tout pire… et qu’on visionne sur nos téléphones portables.

IMAX

Bref, l’argentique ne se laisse pas mourir aussi facilement. Force est de constater que le digital est déjà en train de fourbir ses armes… Fin du Round 2.

Nemo SANDMAN








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