Alan Dean Foster: novélisation de Star Trek, le retour d’une légende !

12 05 2009

Une légende à la barre

Alan Dean Foster, ce nom vous dit il quelque chose ? Dans ma jeunesse, il était un de mes auteurs préférés. Rendez vous compte, il était derrière l’adaptation en roman des film Alien, Aliens, Alien 3…!!!
Alors c’est quoi la différence de base entre un scénariste et un auteur. En gros au cinéma on “montre” les choses et dans un livre on est dans la tête des personnages.
C’est un élément qui est absent des scénarios. on ne sait pas ce que les personnages pensent mais on voit ce qu’ils font, et on entend ce qu’ils disent.
A ce jeu, Alan Dean Foster m’a fait vivre “Alien” comme jamais j’aurais pu l’espérer. J’étais avec l’équipage du Nostromo quand ils ont reçu ce message de détresse. Et l’Alien était on ne peut plus étrange (Foster décrivait des “appendices griffus”) à croire qu’il avait travaillé sur une des versions de “Starbeast”. Il semblerait aussi qu’il est accès aux notes des scénaristes et aux scriptments afin de comprendre et retranscrire comment les personnages pensent. Quand il a remis cela avec “Aliens”, ce livre fut une mine d’informations pour le fan que j’étais. Pourquoi ? Parce que à l’époque il n’y avait pas encore le Net. Et Alan Dean Foster avait eu accès aux notes de productions de James Cameron qui sont des trésors pour planter le décor et donner des infos cohérentes sur l’ensemble du monde qu’il veut décrire.

Il y a quelques années, j’ai découvert que “Les Chroniques de Riddick” avaient été novélisées par Alan Dean Foster. Connaissant David Twohy et son perfectionnisme au niveau scénaristique, je n’ai pas été déçu ! Tout ce que vouliez savoir sur les Necromongers sans jamais avoir osé le demander… La naissance de leur religion et leurs préceptes. Passionnant ! En revanche je restais sur ma faim en ce qui concerne les armes et l’art martial de Riddick.
(Dans le genre la novélisation réussie “The Abyss” par Orson Scott Card est un must et fera peut être l’objet d’un prochain bulletin.)

Alors voilà, un tour dans un hypermarché et je découvre non pas un mais deux novélisations de Alan Dean Foster: “Star Trek” et “Terminator Renaissance” (“Terminator Salvation” se traduit par “Terminator Le Salut”, moins vendeur…).
Donc voici d’un coup deux romans par un spécialiste du genre !
Pas d’effets de style outranciers, pas mal d’humour que les traducteurs ont réussi à bien adapter, on sent bien maintenant que les Studios bétonnent aussi les novélisations pour ne pas faire un seul pas en dehors des clous Et on a surtout l’impression que l’auteur n’a accès qu’au scénario, respecte et suit sa structure et que sa marge de manœuvre de conteur est plutôt limité…
Dommage, comparé à la richesse de la novélisation par exemple de Star Wars III Revenge of the Sith de Matthew Stover par exemple qui réussissait à transformer un scénario médiocre en bon roman en fournissant moultes détails sur l’état d’esprit d’un Jedi en vrille.





They Live: Ray Nelson et les Lunettes Hoffmann

27 02 2009

They Live

En 1988 sortait en France un film de John Carpenter sous un titre ridicule et une affiche franchement très laide: “Invasion Los Angeles”.
Le film original, “They Live” moitié thriller de science fiction moitié satire sociale, racontait l’histoire de John Nada, travailleur du bâtiment, qui découvre des lunettes lui permettant de voir des “aliens” évoluer tout autour de nous prenant forme humaine et contrôlant l’humanité.
Tiré d’une nouvelle de Ray Faraday Nelson “Eight O’Clock in The Morning” parue sous le titre “Les Fascinateurs” en France, “They Live” est devenu petit à petit un film culte pour tous les paranoïaques, amateur de Blues, fan de catch et de cinémascope.
L’année dernière, cherchant à me procurer un scénario, j’étais entré en contact avec Ray Nelson, qui a signé le scénario du film de John Carpenter. (Depuis nous avons sympathisé et il m’a envoyé sa dernière copie du script original annoté par John Carpenter et lui même pendant le tournage… L’autre copie est entre les mains de son avocat.)
Ray Nelson est un personnage extraordinaire. Ami et confident de Philip K. Dick, il a travaillé à la création de “Blade Voyageur de l’Infini” (dont je signe actuellement les illustrations!). C’est aussi un cartooniste de grand talent qui a vécu et s’est marié à Paris (ou son fils Walter Nelson, grand spécialiste de la vie et de l’étiquette au 19ème siècle, est né).

Ray Faraday Nelson

Et Ray m’annonce en avril 2008 que “They Live” va faire l’objet d’un Remake. En decembre 2008, confirmation: c’est sur le Hollywood Reporter qu’on annonce que le film culte de John Carpenter de 1988 va passer par la case remake des studios Universal/Strike Entertainment, qui sont en négociation pour acquérir les droits du film auprès de Les Mougins, l’actuel propriétaire de ces droits. Marc Abraham et Eric Newman de Strike Entertainment produiront alors que Shep Gordon et John Carpenter serviront de producteurs exécutifs. Strike Entertainment avait déjà réussi avec succès le remake de “L’armée des morts” en 2004 et travaille aussi sur un remake d’un autre film de Carpenter, The Thing.

They Live Lunettes Hoffman

Qu’est ce qui fait le charme du film de 1988 ?
Déjà une mise en place lente et minutieuse. Un cinémascope et un cadre superbe. Une musique entêtante. Un anti héros, courageux mais pas exempt de défauts (John Nada n’est pas intelligent ni très fin mais reste attachant dans son humanité et sa coupe de cheveux “Mulet” remise à la mode en 2009). Les effets spéciaux sont légers mais utilisés avec perspicacité (Au travers des lunettes, on voient un monde en noir et blanc et quelques aliens aux brushings impeccables…). Mais surtout le script, la montée de la tension, les rebondissements et les sous entendus quasi révolutionnaires en font un film unique dans sa paranoia et ses symboles.

Obey

Par exemple aucun vaisseau spatial ne nous est montré. Les aliens stoppent le temps avec leur Rolex (Jacques Séguéla est un Alien!), s’ouvre alors un genre de sas lumineux dans le sol qui mène à un dédale infernal (dans le sens étymologique Inferno: “en dessous de nous”) de tunnels d’ou on peut voyager dans toute la ville mais aussi vers d’autres mondes par dématérialisation et transformation en boule de lumière.
“They Live” n’est pas un film politiquement correct du tout. L’ouvrier opprimé découvre la vérité, se révolte,  prend les armes et tire dans le tas !

They Live

Les lunettes mises au point par la résistance portent un nom dans le script (mais pas dans le film): les Lunettes Hoffmann. (“Hoffmann Glasses”)
J’en demandais à Ray Nelson la signification.
“Mais voyons il s’agit d’une référence au tout tout premier livre de SF! Les Contes d’Hoffmann !”
Mince pour moi, c’est avant tout du Offenbach (joué par Michel Serrault) façon folles nuits parisiennes… pas vraiment de la SF…
Et pourtant:

Olympia

Dans le conte: Hoffmann est amoureux d’Olympia, la « fille » du scientifique Spalanzani. Celle-ci s’avère en fait être un automate dont Coppélius, un charlatan, a fourni à Spalanzani les yeux et vient présenter sa créance. Il vend à Hoffmann des lunettes magiques qui lui font voir Olympia comme une vraie femme. Hoffmann se croit alors aimé d’elle mais Niklausse, perplexe, tente en vain d’avertir son ami. Alors qu’il valse avec Olympia, Hoffmann tombe et ses lunettes se brisent. C’est alors que Coppélius qui veut se venger du chèque sans provision que lui a remis Spalanzani, revient et détruit Olympia. Hoffmann se rend compte de la vraie nature de celle qu’il aimait, cependant que la foule ricane de la naïveté du poète.

Obey Stay Asleep

“They Live” est donc une histoire ancienne et pour citer Justin Sullivan de New Model Army dans la chanson “Vanity”:
…The mirror never lies, it’s just these foolish eyes
And we all see what we want to see
What we need to see, what we have to see…

Your God Not Mine

Je vous invite à découvrir le monde extraordinaire de Ray Nelson via son site: http://raynelson.com/

Nemo Sandman








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