Harry Potter et les Reliques de la Mort – L’école est finie !

22 12 2010


"Comme le temps passe." "Comme ils ont grandi !" "Surtout Ron !!" "Et Hermione !!!"…
Comme toujours, ce sont les premières réflexions qui fusent en sortie de salle.
Harry, lui, comme dans les romans, est peut être le moins affecté par tous ces changements et Daniel Radcliff semble finalement le moins mature du trio central.

Mais, force est de constater qu’à chaque nouvel Harry Potter, la croissance des protagonistes est étudiée et commentée.
C’est comme si on rendait une visite annuelle à des cousins éloignés ou qu’on retrouvait la famille à l’occasion d’un mariage.
Ou d’un enterrement.

Perso j’aime Harry Potter. Enfin les livres. Mais aussi les films ! J’ai pris un pied fabuleux à découvrir les aventures du ch’tit sorcier jusqu’au tome 5.
Le cinq j’ai eu du mal. Le bouquin était épais comme une bible et je commençais à patiner. Bref j’ai laissé tombé.
Mon préféré est le troisième tome.
Idem pour les films. "Le Prisonnier…" reste mon préféré.
Chris Colombus, réalisateur des deux premiers films avait passé la main et on sentait l’adolescence pointer son nez. Un nouveau courant, plus sombre…

Et là depuis "L’ordre du…", c’est un réalisateur anglais, David Yates, qui est à la barre.
Et ben, à mon humble avis, il se bonifie à chaque nouvel épisode et les Reliques offrent une expérience cinématographique passionnante, loin de clichés hollywoodiens habituels par ses choix de production et artistiques.

J’aime quand la cinéma reste une surprise. Quand on propose un produit différent du formatage habituel. Quand le film reste un prototype. D’abord, le projet des Reliques est en deux parties, ce qui est toujours bon signe, car le carcan de deux heures explose. La première partie est sortie en décembre et la seconde (dont le dernier tour officiel de manivelle a été donné le 21 décembre 2010!) sort en juillet.
Avec cinq heures pour raconter une histoire, cela permet d’installer le spectateur dans une ambiance… et l’emmener faire une longue promenade. D’ailleurs, la "part 1" ressemble à un Road Movie ! Adios donc à ce paradygme obligatoire dans tous les précédents films (et les romans): la première partie à la fin de l’été, la rentrée à Hogwarth…

Cette fois ci l’école est finie. Nos héros sont devenus des parias, des vagabonds… des SDF !!!
Le film se permet même des pauses quasi contemplatives, caméra à l’épaule, plans longs… des longueurs digne d’un film sur les Doors…
Ha, les joies du camping !…
Le tout est servi par une très bonne musique du talentueux et prolifique Alexandre Desplat qui se montré très inspiré. Pour la photographie Bruno Delbonnel a passé la main à Eduardo Serra, un vieux routier portugais qui provient aussi de… l’Ecole Vaugirard… Cocorico ! Les paysages naturels sont sublimés dans un cinémascope large d’épaule. Il y a un choix "naturaliste" presque âpre et "survival", digne d’un "The Road"… une ambiance à la "28 Semaines plus Tard" qui n’était pas pour me déplaire.
La tension dramatique est perceptible tout le long de cette première partie et sa construction de "premier épisode" (sans conclusion ni remise à plat systématique en fin de pellicule) construite en plateaux reliés par des crescendo, procure une expérience cinématographique proche des séries télévisuelles.
C’est agréable et cela change des paradigmes classiques pour flirter avec des ambiances en points de suspension, qui donne envie d’en savoir plus.
Les scènes dramatiques qui ponctuent cette longue errance sont visuellement violentes et cherchent même à faire sursauter dans leur brutalité et leur vitesse. Les combats de sorciers sont d’une efficacité toute adulte. On est plus proche de Jack Bauer que de Mary Poppins dans l’action et les échanges de sortilèges. C’est assez "rafraichissant", cette prise au sérieux, et cela contribue à la sensation de danger permanente qui sourde tout au long du métrage sans laisser de répits.

Adapter un livre au cinéma est une entreprise bien plus périlleuse que de partir d’un matériel original. L’adaptation demande des coupes et des libertés que les fans et même l’auteur du roman peuvent amèrement regretter. Depuis le début de la franchise Harry Potter, ce n’est pas le cas. Chaque film propose une visualisation inspirée et une interprétation sans faille. Ils sont un bon support à l’univers de JK Rollins et leur succès est aussi phénoménal que les romans.
La première partie des reliques apporte une qualité supplémentaire à la franchise: un nouveau rythme dans l’enchainement dramatique. Tout peut arriver !
Au final on n’en sort pas frustré mais plutôt impatient de connaitre le dénouement final. L’objectif est atteint.
HP7 part 1, c’est du bon cinéma, respectueux de ses spectateurs ayant pris 10 ans et 6 films précédents – une décade titanesque servant aussi bien les artisans, les artistes que le talent et l’art de conter des histoires.
Rendez vous donc en juillet 2011 !

 








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