Terra Nova – Atterrant et pas nouveau…

22 01 2012

 

 

Avoir des moyens et des idées sont deux choses différentes.
Terra Nova c’est la plus belle collection de clichés jamais promue au rang de série “culte” avant sa sortie.
Même Didier Barbelivien aurait honte d’avoir pondu une daube pareille.
Le photocopieur est la principale source d’information, ou plutôt le “copier coller”, comme on dit de nos jours, hein Didier ?

Bon, alors keskideconne ?
D’abord un casting à vouloir se mettre Valérie Pécresse en fond d’écran pour compenser (en un mot): que des têtes à claques.
Des personnages sans profondeur, prévisibles et au body language tellement 2012 (pour des gens qui sont censé venir de notre futur…)
Une musique désastreuse, une mise en scène en cliché…
Mais surtout pas d’histoire originale et des personnage qu’on rêve de voir servis au breakfast des T-rex du coin.

Terra Nova ou comment polluer le monde avec les pires remugles de l’American Way of Life. S’ils avaient pu installer un Macdo dans leur colonie, ils l’auraient fait.
Mais, tiens, faisons une petite expérience. Nous sommes en 2012. Quel serait le body language, les attitudes, le langage, les pauses d’une famille de 1860′s… Ah les Sixties By Gaslight… Ouai, le genre nos arrières grands mères font du ski. Bref, on imagine ces moustachus, droits comme des “I” en train de se promener en marchant en canard.
Mais une chose est certaine: ils ont une attitude totalement différente de nos contemporains. Pas de “Yo Mama!!!”
Pensez vous qu’un seul des créateurs de la série Terra Nova ait une seconde tenté d’imaginer que dans 150 ans les gens pourraient se comporter d’une manière totalement différente que maintenant ?
Et ben non.
De gros moyens (20 millions d’euros pour les deux premiers épisodes???) et zéro idée.

Et tout est du même tonneau.
Terra Nova c’est du travail bâclé pour des spectateurs abrutis.

Boycottez ce genre de daube.
Quand je pense que ce sont les mêmes “irresponsables-bas du front” qui ont torpillé Megaupload. (Quoi qu’ils doivent bien s’entendre avec son fondateur…)
On en vient presque à souhaiter qu’une jolie meute de vélociraptors puisse remonter le tunnel du temps et venir chatouiller les arpions de toute cette bande de “tableurs sur pattes”.
Heureusement il nous reste Sherlock, Fringe, Game of Thrones… Bref. Des séries qui renouvellent le genre et pas des Terra Cognita.





Game of Thrones – L’Heroic Fantasy adulte. (sans spoilers)

21 08 2011

Le Trone de Fer
HBO frappe toujours aussi fort. Après l’excellent Rome de John Milius et Bruno Heller, c’est l’adaptation du Trône de Fer de George R.R. Martin par David Benioff et D.B. Weiss qui a fait une apparition fort remarquée sur les petits écrans US ce printemps.
Bon tous les renseignements habituels sont déjà en ligne sur Wikipedia. Et un nombre immense de blogs offrent des tas d’infos car depuis la diffusion des 1O premiers épisodes, tout le monde est unanimes pour dire que Game Of Thrones c’est de la balle ! Alors qu’est ce qui rend cette série aussi “parfaite” dans son fond et sa forme.

D’abord la plume de George R.R. Martin, qui a su créer un monde cohérente et passionnant. Sa lecture me ravit par sa fluidité et sa vivacité. “Le Trône de Fer” est un superbe livre de vacance: immersif, dépaysant et addictif.

Il en est de même avec la série.
Bon sans le moindre spoiler, il faut savoir que:

Sous ses faux airs de série américaine tournée en Nouvelle Zélande, nous avons affaire, comme pour Rome, à une série britannique tournée en Europe et en Méditerranée.
Le casting est somptueux, servi par des acteurs qui jouent tous juste. Certains seconds rôles sont de vrais régals. Aucun personnage n’est laissé en friche.
L’intrigue est découpée de manière a créer des cliffhangers inattendus et immédiatement accrocheurs par la malice avec laquelle ils sont amenés.
Les dialogues font tous mouche.  Parfaitement adaptés du roman, ils sont ciselés avec amour.
La mise en scène est rigoureuse et fait la part belle à l’utilisation des Matt Paintings digitaux intégrés avec la rigueur des productions britanniques.
La musique, dès le superbe générique digne de maquettistes fous, vous suit tout au long de la journée. (Ramin Djawadi offre un très beau thème au violoncelle avec effet “papayou” assuré…)

Au final on obtient une œuvre grandiose d’une dizaine d’heures qui vous submerge et vous passionne.
Voilà un exemple de ce que le cinéma actuel, formaté et limité par la distribution, n’arrive plus à fournir.
Tous les fans du Seigneur des Anneaux ont acheté les coffrets DVD où les films explosent les durée totales.
Idem pour les Watchmens qui dans leur version DVD atteignent presque 4 heures.
Mais peut on rivaliser avec un long métrage de 10 heures ?

En dix heures, tout en respectant au millimètre l’oeuvre originale, on a le temps d’éclairer un monde complexe et touffu. On a le temps de se passionner pour la destinée des personnages. On a le temps de se laisser emporter par un formidable spectacle. Une “comédie humaine” violente, érotique, torturée, exaltante, somptueuse, révoltante, excitante, drôle, tragique… une fantaisie épique pour adulte où les conséquences des actes des personnages se soldent quelques fois par de sérieuses coupes dans le casting !

Alors pourquoi faut-il regarder Games of Thrones ?
Parce qu’il s’agit à mon humble avis de l’un des plus beau cris d’amour à l’heroic fantasy porté à l’écran. Une des rare séries qui ne prenne pas les spectateur pour un consommateur sous hypnose. C’est un superbe coup de poing sur la table. Bon Dieu! On peut faire ça à la télévision !!! Oui et avec beaucoup beaucoup d’amour.

Le TRone de Fer





Dollhouse: Epitaph

26 01 2011

Il y a deux ans je mettais le nez dans la nouvelle série de Joss Whedon Dollhouse.
Elle n’aura finalement duré que deux saisons. Mais, même si Whedon en avait prévu cinq, sa maison de poupée en 26 épisodes propose une œuvre cohérente et absolument passionnante.
Revenons d’abord sur un casting épatant aux noms plus exotiques les uns que les autres: Tamoh, Miracle, Reed, Dichen… tous aussi surdoués, inspirés, bien dirigés et méga talentueux.

Deux acteurs ont particulièrement retenu mon attention: Fran Kranz et surtout Enver Gjokaj. Le premier pour son rôle pilier de Topher Brink petit génie amoral devant faire peu à peu face à ses responsabilités de professeur Tournesol (Fou? Moi ?) et le second pour son incroyable éventail de jeu en tant que “doll” capable de s’incarner dans tous les rôles, tragiques ou comiques dont celui d’ailleurs de Topher où il clone Fran Kranz dans ses mimiques et son body language avec une facilité déconcertante.

Les épisodes ne laissent aucun répits aux personnages qui de la saison 1 à la Saison 2 prennent de l’envergure et évoluent de coups de théâtre en coups de théâtre. Les comédiens se donnent à 200% et sont récompensés par des répliques incisives loin des clichés habituels. Comme d’habitude dans les séries signées Joss Whedon, on peut passer du rire à la terreur en quelques secondes. Rien n’est gratuit. Toute cause a des conséquences dans un système logique et une horlogerie digne d’un artisan suisse.
Je ne pourrai donc que vous conseiller de découvrir les deux saisons de Dollhouse ainsi que leurs deux épisodes bonus (Epitaph part 1 & 2) permettant de mettre en perspective toutes les retombées de la technologies mise au point par Rossum. Point de frustration. Voilà enfin une série qui ne laisse personne sur sa faim, ni sur le carreau, répondant à toutes les questions habilement posées et ce, avec beaucoup de malice. De la série télé de cette qualité, c’est assez rare pour la promouvoir.





Modern Family – Le Choc des Cultures

28 09 2010

Tourné à la manière d’un faux documentaire où le quatrième mur est brisé en permanence par des regards en coin à la caméra, la série Modern Family surprend par la justesse de son écriture et la fraicheur de ses personnages. On retrouve le papa de “Marié, Deux Enfants” qui a pris 20 ans, en patriarche débonnaire (Jay) d’une famille moderne multi culturelle. Les interactions entre les personnages ne sont jamais stéréotypées et l’humour provient plus des situations que des frictions.
Là où les immondes séries humoristiques familiales française (celle avec Roman Bohringer qui passe en été sur Canal… Bwaaaark!!!) “fonctionnent” avant tout sur les coups de gueule, les duperies, le stress et les humiliations. (Il faudra un jour m’expliquer un jour en quoi une mesquine scène de ménage est plus comique que sordide…) MF propose de vraies situations comiques: l’exploration du sous bassement de la maison par le père et le fils (qui a le plus peur du noir ?), un “Whodunnit” à la suite d’une fête d’anniversaire où tout peut arriver… ou encore, quand les parents veulent donner des leçons à leurs enfants et se prennent les pieds dans le tapis… Ainsi Phil (joué par l’extraordinaire Ty Burrell) est un père geek gauche cherchant à faire “ami ami” avec ses gosses, sans la moindre discipline donc, pour finalement se révéler bien plus immature qu’eux. Mais sa bonne volonté et son désir de mieux faire en font un personnage attachant qui va se prendre les pires râteaux sans jamais perdre la face devant la caméra !
Pour le coup je trouve que Wikipedia a plutôt fait une bonne fiche concernant cette série:
“Tournée sous forme de mockumentaire, Modern Family s’attache à nous montrer avec humour les différentes formes que peut prendre la famille de nos jours. On y suit les déboires des familles de Jay Pritchett, de sa fille Claire Dunphy, et de son fils Mitchell Pritchett. Alors que Claire est la mère au foyer d’une famille traditionnelle, Jay est à la tête d’une famille recomposée, marié à une femme bien plus jeune que lui, tandis que Mitchell et son petit ami forment une famille homoparentale, puisqu’ils viennent d’adopter un bébé.”
Pas mieux !
Ils continuent d’exceller dans la description des personnages que je m’en vais recopier et paraphraser.
Il y a donc trois groupes dans la même famille:
La famille Delgado-Pritchett
-Jay Pritchett : le patriarche de la famille et père de Claire et Mitchell. Il a récemment épousé Gloria. Pas très responsable et ayant partiellement loupé l’éducation de ses enfants, il essaie de se rattraper aujourd’hui. Et c’est à la manière de “My Name Is Earl” !!!
-Gloria Delgado-Pritchett : la (superbe nouvelle) femme de Jay depuis six mois, mère de Manny. D’origine colombienne, elle est toujours enjouée et essaie de toujours rester positive. Elle a la sale manie de tout ramener à son ancien mari. Très très belle, elle cache des talents insoupçonnés (les échecs!) et refuse qu’on critique sa manière de conduire (désastreuse…)
-Manny Delgado : le fils de Gloria, issu de son premier mariage. Pourtant très mûr pour son âge, il a du mal à se faire une place au sein de sa nouvelle famille. Ce personnage est le clône du petit scout dans “La-Haut”: rondouillard, débrouillard et toujours partant.

La famille Dunphy

- Claire Dunphy : la fille de Jay, et mère poule. C’est elle qui incarne l’autorité parentale à la maison. Elle est l’élément soit disant “équilibré” de la famille… Mais en grattant un tant soit peu le vernis on découvre des secrets inavouables.
- Phil Dunphy : le mari de Claire, qui se prend pour le père « cool », et essaie de faire ami-ami avec ses enfants en leur parlant maladroitement de ce qu’il croit être le langage des jeunes. Voici certainement le personnage le plus “nouveau” dans ce genre de série. L’acteur Ty Burrell est purement extra ordinaire !!!
- Haley Dunphy : leur fille aînée, qui commence à sortir avec des garçons, ce qui inquiète grandement ses parents. L’ado typique. Mignonne et mauvaise conductrice.
- Alex Dunphy : leur deuxième fille, une petite « intello » qui essaie tant bien que mal de s’affranchir de sa sœur. La version de “Mercredi” dans la famille Addams.
- Luke Dunphy : leur fils, très bruyant et qui a du mal à garder son pantalon. (excellent descriptif de Wikipedia!)

La famille Pritchett et Tucker

- Mitchell Pritchett : le fils gay de Jay, snob sur les bords, assez sérieux et voulant être discret avec les autres à propos de sa sexualité. Le comique de ce personnage faisant office de Clown Blanc dans le couple, se révèle à la longue.
- Cameron Tucker : le petit ami de Mitchell, très gourmand et à l’homosexualité très extériorisée aux clichés assumés. Autre personnage génial de la série. “Cam” est capable de surprendre par ses initiatives ! Ayant grandi à la campagne, il dépote bien dans sa version perso des Arpents Verts. Une fois encore les clichés sont bannis et il devient très copains avec Jay le patriarche “Alpha”, colosse au cœur d’artichaut.
- Lily : la fille d’origine vietnamienne du couple, qui l’a récemment adoptée.

Chaque épisode à un thème précis: le rôle de père, la peur, le mensonge… Ils sont superbement construits (un début un milieu et une fin!). Tous les éléments se mettent lentement en place avant la catastrophe finale mais les méandres des préliminaires se parcourent avec délice.
Une fois encore, à la manière de The Big Bang Theory, voici une série que je trouve totalement addictive !
Modern Family est une vraie Sitcom, intelligente, sensible, drole, folle. La mise en scène est réalisée au millimètre: y’a pas une faute de grammaire cinématographique, c’est fluide, rythmé, léger et plaisant. Les silences et les non dits sont souvent les points d’orgue comiques. Et ça, depuis Buster Keaton, on sait que ça marche! C’est donc très très très fort et l’exploration des interactions familiales laisse supposer une équipe de scénaristes inspirés qui prennent vraiment beaucoup de plaisir à faire évoluer leurs personnages. Vivement la seconde saison !!!





Fringe and The Big Bang Theory : le retour des savants fous.

20 07 2010

TBBT

En fait c’est quoi un savant fou ? C’est juste la transposition moderne de Panoramix après avoir reçu un coup de menhir, non ?
Il y a donc deux séries à voir toutes affaires cessantes en ce moment: “Fringe” dont le personnage de Walter Bishop interprété par le grand John Noble est un concurrent génial au Merlin d’Alexandre Astier et “The Big Bang Theory” où le personnage de Sheldon Cooper interprété par Jim Parsons est en train de traumatiser les geeks depuis trois saisons.
Fringe est la digne héritière des X FIles, avec J.J. ABrahams et ses comparses à l’écriture et la production. Mais cette fois ci le danger ne vient pas des étoiles… C’est sombre et même assez cracra (autopsie mon amie!) mais aussi drole et même touchant. Le casting est aux petits oignons — je suis toujours épaté par la justesse de ton que trouvent ces comédiens US, même quand leur guideline tiendrait sur un timbre poste…. et la meta histoire est passionnante car totalement logique sans les altérations capilotractées des méandres opportunistes de Lost, Galactica ou encore Heroes. Avec un cliffhanger de bonne facture, la troisième saison est attendue pour septembre.
TBBT est une sitcom qui pourrait se résumer comme un mélange de Friends et de Troisième Planète Après le Soleil. Les épisodes sont écrits sur le fil du razoir, les personnages fouillés et les interprêtes sont tous extraordinaires même les plus petits rôles. Chuck Lore, le créateur de la série a su mettre les petits plats dans les grands: on rit énormément sans vulgarité ni engueulade systématiques. TBBT est une machine à fous rires à voir absolument en V.O. !!!
On ressent comme dans Fringe beaucoup de tendresse pour les personnages et on prend plaisir à les retrouver dans les situations les plus “extraordinaires” dans le vrai sens du terme.
Deux séries qui font de la Science leur terrain de jeu jusqu’à l’absurde: le laboratoire de Walter Bishop a même pour locataire une vache (“Gene”!) dont il tire le lait tous les jours et qui meugle quand on mord dans un hamburger ! Et Fringe n’est même pas une série comique.
Non la série comique c’est The Big Band Theory. Attention danger: on y prend gout et c’est une drogue dure.
Bon, je n’en dirai pas plus car trop dévoiler de l’une ou de l’autre pourrait gâcher le plaisir. Le net propose plein d’extraits video, il suffit de googler un peu pour voir.
Attention aux spoilers pour Fringe c’est vraiment des coups à tout gacher.

Fringe





Flashforward – Chronique d’une mort annoncée

4 06 2010

Flashforward
Alors que Flashforward va débarquer cet été sur Canal Plus, nous venons d’apprendre qu’il n’y aura pas de seconde saison au Thriller Romantico Conspirationniste Temporel. Qu’est ce qui a bien plus se planter dans les prédictions des producteurs ?
Annoncé comme le nouveau “LOST”, le feuilleton labyrinthique de la Fox vient de lâcher tout le monde sans avoir eu le temps de donner la moindre réponse – un peu comme si LOST, justement, s’était arrêté à la fin du cliffhanger de la saison un.
Frustrant.

Oui frustrant, car les paradygmes sur lesquels planchent les scénaristes s’étirent au delà d’une seule saison façon guimauve de la Foire du Trône. On a l’impression qu’ils tirent des lignes de fuite sans trop savoir où cela va les mener. On a connu ce syndrome dernièrement dans Battlestar Galactica, Heroes (qui s’arrête aussi pour le coup) et LOST…. du genre “Mais on va ou là ?”… C’est quoi tous ces méandres dans la Meta histoire. « Ton père n’est pas ton père mais ton père ne le sait pas. »
Avant toutes choses, il faut bien comprendre le mécanisme de mise en production de ce genre de “feuilleton”. Il y a un cahier des charges assez précis mais au delà de la vente des espaces pub, il y a surtout un besoin de rendre accro le téléspectateur lambda. Il faut l’intéresser, lui faire se poser des questions, buzzer sur le net, qu’il s’identifie à au moins un personnage, lui donner l’impression qu’il est « trop intelligent » à disserter sur les possibilités scénaristiques offertes… bref il faut qu’il en redemande. Pour cela l’utilisation massive du cliffhanger est de bon ton. Les lignes de vie des personnages s’entre croisent et forment une tapisserie plus ou moins capilo-tractée, ce qui rend la possibilité de prendre l’histoire au vol (sans avoir vu l’épisode pilote) une mission quasi impossible et ce malgré les résumés des prologues. Le feuilleton devient une expérience hermétique dont seuls quelques adeptes assidus souvent bien plus geek que vous et moi sont capables de décoder.
Bref scénaristiquement parlant, c’est bien beau de faire de belles promesses autant savoir les tenir.

Pour le coup il est intéressant de découvrir le livre Flashforward de Robert J. Sawyer et voir qu’il n’a pas grand chose à voir avec le feuilleton. Et c’est pas plus mal. Dans le genre cantique des quantiques en prise-de-tête-o-rama, le livre se pose là mais se reprend à loisir. Amateur de l’effet Casimir, veuillez choisir votre bol de gloubiboulga. Mais comme moi j’aime bien l’Ile aux Enfants, alors j’en reprends tout de suite…
En attendant si vous voulez voir un feuilleton où Joseph Fiennes arrive à imiter à la perfection Simon Astier dans Hero Corp, Flashforward est un joli cul de sac… sans avenir.

Flashforward Robert Sawyer





Sons of Anarchy: les derniers chevaliers

23 02 2010

On va faire court, tellement il y a d’articles sur le net concernant “SOA”. Mais s’il y a vraiment une série à ne pas manquer actuellement, il s’agit de Sons of Anarchy la dernière création du papa de l’extraordinaire The Shield: Kurt Sutter.
Au premier abord, la série peut paraitre comme un concentré de testostérone manichéen pour les p’tits graisseux et les p’tites graisseuses fans de Litteul Kevin mais c’est sans compter sur la finesse et l’intelligence scénaristique de Sutter qui a créé un véritable mouvement de montre suisse dramatique et une galerie de personnages tous ultra attachants même les plus secondaires. Les amoureux de The Shield ne sont pas dépaysés par cette galerie de vrais faux bad guys incarnés par un casting prestigieux utilisé à contre emploi. Au delà de l’immersion au sein d’un club de motards hors la loi au code de l’honneur digne des Yakuzas et à leur gestion de la crise économique mondiale, Sutter nous propose des exemples de dignité humaine aux moments les plus tragiques d’une vie. Ainsi des personnages secondaires deviennent des héros puissants et attachants dont les actes inspirent le respect et l’allégeance. (Mon préféré étant “Opie” qui dans la deuxième saison est digne de Kurosawa, grandiose et véritable samurai !)
C’est ce qui fait la force d’une série couillue qui transcende le courage et l’héroïsme tant au niveau masculin qu’au féminin. Du grand art délivré par un fin artisan. Une preuve encore que les vrais progrès en narration cinématographique se font nulle par ailleurs que sur le petit écran. On en reparlera !
Sons of Anarchy
PS: à voir en V.O. pour la voix de basse de Ron Perlman et les expressions fleuries du slang californien.





Supernatural 5ème Saison – Lucifer à repasser

31 12 2009

Supernatural

“The road so far…” C’est sur ces mots que débutent tous les épisodes de la cinquième saison des aventures de Dean et Sam Winchester.
Bon, on va éviter les Spoilers mais la quatrième saison s’achevait sur la libération de Lucifer dans le monde et le début de la fin selon Saint Jean.
Nos deux chasseurs de démons se retrouvent donc coincés entre les Anges et les Démons dans une guerre fratricide.
Et comme chacun des deux frères (dont le papa est joué par Jeffrey Dean Morgan) est le symbole microcosmique des enjeux macrocosmiques… ils se tirent la bourre ! (Même Paris Hilton va en subir les conséquences !.. Bon j’avais dit pas de Spoilers!)
Les scénaristes sont des malins et ils s’amusent beaucoup avec la “mythologie” mise en place pendant les quatre précédentes saisons.
Connaissez vous beaucoup de série ou les héros visitent leur propre convention et son confrontés à leurs fans surjouant leurs moindres tics ?
Mise en abime hilarante, depuis que nos héros ont découvert qu’un type avait sorti toutes leurs aventures dans le commerce !
(naturellement tout se tient, il suffit de voir l’épisodes génial “Le Prophète” dans la saison quatre…)
Connaissez vous beaucoup de séries où les héros se retrouvent en train de visiter les autres show TV, quitte à aussi jouer dans les pauses publicitaires et à faire un médicament contre l’herpès génital ? A part dans “That 70′s Show” et quelques épisodes des X-Files, on a rarement vu de dérapages aussi bien contrôlés. Revisiter Supernatural façon sitcom, Grace Anatomy ou encore en parodie des Experts à Miami est une friandise qui permet aussi aux auteurs de la série de se remettre en question et de se moquer de leurs propres clichés ! Le pool d’auteurs supervisé par McG (le réalisateur de Terminator Salvation) s’en donne à coeur joie et ils ne se prennent pas au sérieux dans une situation générale pour le moins spectaculaire et dramatique… En bonus comme ce sont tous aussi des cinéphiles, des petites perles sont disséminés ça et là tant au niveau des situations que des dialogues.

Non, vraiment, Supernatural est de la bonne câme télévisuelle porté par une équipe de créatifs et un cast de haute volée qui n’hésitent pas à secouer les fondations de la série. Dans la lignée des série de Joss Whedon (Buffy, Angel, Firefly, Dollhouse) Supernatural a toujours été une série “tongue in the cheek”, les protagonistes sont à la fois cools et radicaux (comme si John Carpenter venait y trainer ses gêtres) et tous bénéficient de fantastiques dialogues, du grand art.
La qualité est donc assurée à chaque épisode, ce qui est une gageure et c’est sans doute ce qui permet à la série de tenir la route depuis si longtemps.

Supernatural
Sam Winchester et Dean Winchester





Mentalist: le fil rouge de 2010 !

28 12 2009

The Mentalist
Le fil rouge au bout du fil…

Alors que bientôt, la première saison du Mentaliste va être diffusée sur TF1, faisons un petit point sur l’évolution de la série.
J’avais déjà mentionné dans un précédent bulletin, tout le bien que je pensais de “The Mentalist” tant au niveau du casting que du ton. Donc vous pouvez vous y référer pour comprendre le pourquoi du comment de la série.
Et bien cela se confirme dans le seconde saison avec un rythme soutenu et des surprises tant au niveau casting que scénario. Donc cela se bonifie !

Le Mentaliste en prison
Un petit tour par la case prison pour un épisode extraordinaire…

Après une première saison où chaque épisode offrait une structure plutôt classique et sérielle (meurtre, whodunnit, fausse piste, révélation finale grâce aux talents de Patrick Jane) et ne laissait entrevoir le fil rouge (le grand méchant Red John qui signe ses horribles meurtres par un smiley (une “binette” en québécois!) tracé sur le mur avec le sang de ses victimes… brrrrr!) que dans les cliffhangers de fin de saison, Patrick Jane est rapidement happé dans les rapides de la saison 2.

Le Mentaliste
Une visite dans un chapter HD…

A la manière d’une minisérie, les huit premiers épisodes de la S02 se fondent en une seule structure avec début milieu et fin. Le rythme est beaucoup plus soutenu que dans la Saison Un et les opportunités d’interaction entre les personnages sont toutes utilisées avec malice. Plus de profondeur, de révélations donc et toujours autant d’humour. On notera aussi un sérieux sur “enchérissement” des maquillages sur les deux personnages féminins. On a l’impression qu’elles sortent d’un shoot pour Vogue. Ca ne fait pas tellement naturel surtout pour des situations de la vie de tous les jours… teintures, brushing, faux cils… houla !!! Très sexies mais pas naturelles pour deux sous… Hé c’est le seul défaut de cette saisons deux qui débute sur les roues de chapeaux ! Sans doute quelques diktats après quelques retours concernant la Saison Un… (pour info les américaines ne sont pas comme les françaises. Pour aller bosser: elles ont les ongles faits, le brushing, le rouge à lèvre…)

Le Mentalist
Vous voyez un peu comment ils prennent la pause ?

En tout cas je souhaite bien du plaisir à tout ceux qui vont découvrir cette série en français dès le 6 janvier, en espérant qu’elle ne sera pas diffusée à la mitrailleuse (4 épisodes d’un coup)… Au bout de 50 minutes, on a un gout de “revienzy” et on attend le retour de Patrick Jane et ses collègues avec pas mal d’impatience. Pourquoi ? Parce qu’on passe de bons moments avec ce personnage atypique qui brosse tout le monde dans le mauvais sens du poil tout en restant charmant. A l’inverse du cynique House, Jane cultive un désespoir élégant et jubilatoire.
Et jusqu’à maintenant, les attentes sont toutes récompensées !

En plus, Simon Baker vient d’être nominé aux Golden Globes (Best Performance by an Actor in a TV Series, Drama!)… A suivre donc le 17 janvier 2010 !
(Et une autre nomination pour les Screen Actor Guild Award pour “Outstanding Performance by a Male Actor in a Drama Series”, rendez vous le 23 janvier là !)

Le Mentaliste





Kaamelott Livre VI – Les moyens des ambitions d’Alexandre Astier.

5 11 2009

On en est à quel livre là maintenant ? le VI c’est ça ? Mais qu’est ce qui arrive à Alexandre Astier qui reconnait qu’à l’origine il souhaitait que Kaamelott soit au format grand écran mais que les contraintes du petit écran et des budgets lui ont fait revoir sa copie.
Ce fut donc l’époque des Livres I et II. Des chroniques pêchues aux répliques devenues cultes. Naturellement niveau éclairage et photographie ce n’était pas Barry Lyndon mais ce format limite Comic Strip convenait bien à ce que je qualifierais d’ “Esprit Goscinny” des Livres I et II. Franchement, Alexandre Astier était pour moi l’héritier du papa d’Asterix. Même mieux, j’avais l’impression de retrouver cette ambiance qui me plaisait tellement dans les aventures de nos irréductibles gaulois. Et puis la trouvaille de Kaamelott était d’adapter la vie quotidienne en entreprise dans un contexte d’épopée fantastique. On sentait pointer dans les sorts utilisés et les situations coquasses de cette revisite de légende arthurienne, des bons souvenirs de parties de Donjeons et Dragons qu’Alexandre Astier avait du “vivre” avec ses copains et sa famille. Bref Kaamelott était un véritable coup de génie. Un rendez vous qui lorsqu’on le manquait, s’échangeait en DIVX sous le manteau.
Pourtant est ce que c’est vraiment ce que voulait faire Alexandre Astier. Lorsqu’il joue cet ours raleur d’Artus, n’est il pas finalement en train de nous faire entrevoir une personnalité plus mélancolique et plus sombre.
Dès le Livre III, il y a eu une décision artistique assez Barry Lyndonnienne… celle de se passer d’éclairage. Et voici notre forteresse devenue noire… Astier fait du Michael Mann sur petit écran ! Mais sert-il toujours son propos ? On sent bien depuis le début qu’au plus profond de l’homme-ours un perfectionniste polyvalent nous y berne. La bête se réveille et VLAN il nous coupe le jus, et la chique. Michael Mann a éclairé certaines scène de son film “Miami Vice” avec la foudre dans les nuages au dessus de Miami… ici Astier nous en mets plein la vue avec des acteurs subissant un bon vieux sort de Darkness 15′ !!! Sans infravision, nos héros favoris, dès qu’ils quittent la proximité de l’unique bougie qui éclaire la scène…se transforment en ombre. Et ca va pas s’améliorer. On entre dans une période de néo-réalisme aigüe et de traitement photographique utilisant à fond les possibilités de la HD. Alors pour un film gore de Mel Gibson pourquoi pas mais pour nos chevaliers préférés… ça casse l’ambiance. Bref, je ne vois pas trop Hugo Pratt illustrer Asterix.

Au Livre V, après nous avoir privé de lumière, on nous prive d’humour. Enfin la dose est servie au compte goutte. On se retrouve limite suicidaires. Enfin c’est Arthur qui le devient entre deux introspections complexes de paternités supposées. Kaamelott est alors filmé en “Prisedeteteorama” et même une certaine fatigue se lit dans les yeux de l’homme orchestre que ne renierait pas Bergman. Encore un livre de plus et on risque de retrouver Lars Van Triers derrière la caméra. Mais Lars je l’aime bien avec ou sans ciseaux ! Mais pas pour Kaamelott malheureux ! A la fin du livre VI le mot de la fin pourrait être : “Akoibon” !
Alors quand le Livre VI se profile… On le guette comme un amoureux de Vérone sous le balcon de la Cine Citta… Et là une fois de plus, patatra. Non pas que le talent ne soit pas au rendez vous. Le casting est de nouveau parfait mais quand il s’agit de rire ou de s’amuser… on tombe dans ce travers bien franchouillard ou soit disant pour faire une comédie il faut qu’on s’engueule. Je ne vois pas en quoi c’est drole. Des personnages peuvent être sombres, râleurs sans pour autant tomber dans le conflit perpétuel. Un exemple tout bête: le héros d’Un Jour Sans Fin a tout du chevalier arthurien qui va vivre sa rédemption mais qu’est ce qu’on s’en amuse !!! Et puis il y a ces moments de fondus enchainés ralentis jazzy (oui parce que la musique est limite jazzy dans le Livre VI !!!) où le flou devient artistiquement complexe à déchiffrer. J’ai pas tout compris la scène de l’orgie romaine d’ailleurs… si quelqu’un peut me l’expliquer en me faisant rire ?
Ah si!  Il y a une bonne surprise quand même: Tcheky Karyo (blafard, yeux fiévreux) est très très drôle! Et ça connaissant bien le bonhomme (Salut Tcheky!) je dis chapeau à Alexandre Astier d’avoir fait éclore cette fleur d’humour noir qui sommeillait dans le jeu de notre Tcheky national !

Alors voilà, Alexandre Astier bénéficie de moyens conséquents, d’une liberté artistique énôrme et il choisit clairement de ne plus nous muscler les zygomatiques. Et si le Kaamelott du début avait été drôle par contrainte ? Par accident ? Et que la véritable ambition d’Alexandre Astier n’était de ne pas de nous faire rire; à moins qu’il se retrouve dans l’incapacité de reproduire les qualités humoristiques des premiers livres ? C’est fort possible. L’inspiration frappe quand elle veut. C’est comme une potion de Merlin: incontrôlable.

Mr Astier faites nous rire s’il vous plait ! Comme avant quand avec deux bouts de CGC vous nous sortiez des sabres lasers de la hutte à Obi Wan Kenobi ! Refaites nous jouer à Cul d’Chouette… Comme tant de fans, je suis glouton de votre humour et ma faim justifie bien vos moyens, non ?








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