Twilight 2 Tentation: Mangez Moi, Mangez Moi, Mangez moi !

30 11 2009

New Moon

Vous voulez voir un film ou les gémissements priment sur les effets spéciaux ? Avec des teenagers arboricoles arborant la pâleur cireuse des poupées du musée Grévin, des d’jeunes tellement mous du genou que leur grand age (pour certains) se fait ressentir à chaque centimètre de pellicule ? Allez voir la suite de Twilight…
Dans la série ma petite entreprise ne connait pas la crise,  quelle opportunité cette Saga Twilight! Presqu’autant que Secret Story pour Endemol, la mort de Michael Jackson pour Christian Audigier et l’Olympique de Marseille pour le PSG… (cherchez pas, c’est un test de popularité! Je viens de placer tous les mots les plus recherchés sur google…comme ça pour voir.)

Alors Twilight 2 la recette: on prend le premier, on le vide de ses entrailles et on le laisse pour mort. On sent bien le vent tourner quand les fans se (re)précipitent sur le premier film, histoire de noyer leur déception. Surtout que ce second chapitre s’adresse aux fans hardcore, en livrant des longueurs insipides que seuls les fans de Stéphanie Meyer peuvent digérer, lorsque Bella et Edward prennent la pose et se pâment… on regrette que Michael Bay n’ai pas investi la salle de montage !

Bon alors qui a encore osé pomper et mettre en abîme Roméo et Juliette ? Non ? Dès la scène d’ouverture en plus ? Ils n’ont pas osé !  Si !
En plus être un lycéen vampire comme Edward peut avoir des cotés très désagréables… vous imaginez, vous, devoir revivre votre terminale pour la 84ème fois ??! En plus comme si le temps n’était pas de mise, la moindre vision de sa belle provoque un raaaaleeeentiiii…  L’enfer c’est ça: la perpétuité dans la répétition et le gel du temps. Et en plus Eddie est végétarien et cocufié par Jake un loup garou…. la honte totale dans le palmarès des Vampires ! C’est des coups à se consoler avec la momie et la fiancée de Frankestein… à moins que la Chose chez les Addams lui suffise ?

Pluie Jake

Loup garou, c’est pas mal non plus: on récupère la Beêelle et on est waterproof. En effet vu le nombre d’heures tournées torse nu sous la pluie battante du nord de la côte ouest, et ce sans attraper le virus H1N1… loup garou c’est au poil! Et on a sa tribu aussi. c’est cool ça une tribu de copains lycanthropes. Tous torses nus poireautant sous la pluie filmés en longue focale. Pas besoin de vaccin, attendez juste la pleine lune et mutez moi tout ça !

Halalala et toutes ces métaphores sexuelles, cet hymne à la chasteté digne des Jonas Brothers ! Je n’ose imaginer les risques de la défloration, tellement imagée dans les illustrations des couvertures des livres de la saga. Alors comme le film avance à la vitesse d’un Massey Ferguson coincé en première, on a le temps de stabiloboser en rose toutes les allusions que Stephanie Meyer avait déjà eu la diligence d’inclure dans chacun des tomes de Twilight.
Tiens pour le coup je vais tenter de remonter sa bande d’annonce avec celle d’ »Antechrist » de Lars Von Triers, histoire de remplacer la triste Kristen Stewart par notre Charlotte Nationale, autrement plus inspirée pour se promener dans les bois !
Ce film est une escroquerie, à l’image de ce bulletin dont les mots clefs n’ont pas été choisis par hasard… Tiens il manque aussi « Nicolas Sarkozy » dans mes tags !

Robert Pattison
Robert Pattinson est perché, il va faire beau !

Mangez-moi! Mangez-moi! Mangez-moi!
C’est la chant du psylo qui supplie
Qui joue avec les âmes
Et ouvre les volets de la perception

Il pleuvait beaucoup ce jour là
Heureusement on avait des capuches
Et surtout des pochons solides
Là-bas des vaches nous regardaient
D’un air complice et détendu
Y’avait plus qu’à s’y mettre
Pour assurer la cueillette…





Jean-Pierre Petit – Ovni Qui Mal Y Pense

27 11 2009

JPP

Le « Bon Sens » près de chez vous.
Fin des années 70 au journal télévisé, j’apprends par la bouche de Michel Chevalet qu’une expédition scientifique privée va mettre le cap sur le Triangle des Bermudes suite à la découverte d’une immense pyramide sous marine (où l’eau s’engouffre pour ne pas en ressortir!!!) ! Tout de suite à la récré, avec les copains, on commençait à fantasmer dur… et puis plus aucune nouvelle de cette expédition… Jusqu’à ce que je découvre en 1989, dans le premier livre de Jean Pierre Petit chez Albin Michel, qu’il avait fait partie de cette expédition avec entre autres Jacques Maillol (celui du Grand Bleu !). Financée par un milliardaire mettant à disposition son yacht avec caisson de décompression, cette expédition luxueuse, digne d’un roman d’aventure, n’avait pas été capable de retrouver l’Atlantide et pour cause, après des semaines de pêches bredouille, Jean Pierre Petit s’aperçoit que le contour de la mystérieuse pyramide avait été dessiné par un test automatique de calibration du sonar de profondeur… En mettant le doigt sur cette idiotie, il devenait par la même occasion, le pionnier des Hoaxbusters ! Pas étonnant que je n’avais jamais plus entendu parler de cette expédition…
C’est pas comme ça non plus qu’on se fait des copains chez les milliardaires…

L’art subtil de se faire des ennemis.
Jean-Pierre Petit livre un combat âpre et dur depuis des décennies. Celui d’un scientifique capable de faire la synthèse de la somme de ses connaissances et de s’apercevoir qu’il y a « comme un blème » dans la façon dont les êtres humains peuvent être informés sur l’ensemble de son travail. Cet ancien directeur de recherche au CNRS, astrophysicien de renom, s’est frotté très tôt à ses coreligionnaires pour s’apercevoir que la vérité pouvait être biaisée et ce pour des raisons d’égo, d’intérêts financiers ou de « secrets d’état ». Il s’est vite aperçu aussi que ce n’était pas ses collègues les mieux renseignés qui étaient choisis pour communiquer sur telle ou telle avancée scientifique et que très souvent et très rapidement toute rigueur scientifique étaient éradiquée au profit d’une pensée unique et ronronnante. « Toute forme de pensée n’est qu’un système organisé de croyances » et donc malheur aux mécréants ou aux pionniers, perçus comme des hérétiques qu’il faut excommunier…

Magneto Hydro Dynamique

Vous rappelez vous du système de propulsion d’Octobre Rouge dans le roman de Tom Clancy et le film du même nom? Il s’appelait « La Chenille » et était composé de deux tubes dont l’ouverture à la poupe et à la proue dans la coque d’un Typhoon (sous marin nucléaire géant soviétique) lui permettait une propulsion silencieuse; le luxe en cas de guerre sous marine ou le moindre pète de cachalot est perçu comme une menace potentielle. JPP fut l’un des pionniers de cette technologie, la MHD où il utilisait toute la coque du vaisseau pour le propulser à la manière d’un suppositoire autonome: l’eau glissant sur ses flancs en silence. Cette invention permettait d’imaginer des engins pouvant se déplacer dans un gaz ou un liquide sans cavitation, sans bang supersonique, sans frottement. Donc pas de bruit, pas de chaleur de friction et une vitesse phénoménale. JPP avait fait une jolie demo « en live » sur le plateau de Temps X des frères Bogdanoff, avec une maquette d’une bateau MHD alimenté par pile.

MHD
Cliquez sur la video pour la jouer sur Youtube (ce n’est pas la video de Temps X mais cela donne une bonne idée de ce qu’est la MHD bricolée à la maison…)

La MHD, depuis, est à la mode en SF, les vaisseaux alien dans Abyss ou encore le sous marin de SeaQuest, dans le roman « Valhalla Rising » de Clive Cussler… chez les militaires aussi, puisque ce n’est pas un sous marin qui les fait rêver mais plutôt des torpilles tellement rapides et silencieuses que toute riposte serait inconcevable.

Objets Volants Non Entendus
Hors, il y eu, un jour, un rapport « scientifique » signalant que les OVNI ne pouvaient pas exister (et devaient être des hallucinations!) pour la bonne et simple raison que, selon les accélérations et les vitesses observées, les témoins auraient du entendre un BANG supersonique. JPP est un des rares scientifiques qui sait pertinemment qu’un engin volant propulsé par la MHD peut dépasser plusieurs fois la vitesse du son sans faire sursauter votre chat qui dort dans la corbeille à linge. Et quand il va monter au créneau (JPP pas le chat) pour défendre ces évidences, il va se heurter à une véritable levée de boucliers et ainsi rapidement à une campagne quasi calomnieuse puis pour finir à une mise au pilori pour éviter toute « contagion ».

Ummites aux logis

Quand, en plus, JPP aura l’honnêteté de dévoiler que certaines inspirations de son travail de scientifique sont des documents mystérieux en provenance de gens encore plus mystérieux (les Ummites)… cherchez pas, si on avait eu un bucher, on aurait fait un grand barbecue.
Bref voilà un homme qui tout simplement en donnant « sa vérité », son point de vue, se retrouve systématiquement malmené par un grand nombre de ses confrères ou par des journalistes obtus. Plein de bonne volonté, on le retrouve à patienter sur des plateaux de télévision où il côtoie souvent des amalgamés sectaires qui déservent plus son approche scientifique qu’ils ne le servent.
Le « problème » pour JPP est que ces fameux documents lui permettent vraiment et véritablement d’avancer dans ses travaux. Ce sont des bottes de sept lieux taillées sur mesure. Il ne peut pas en réfuter l’utilité fonctionnelle, ni en nier la mystérieuse origine.

We Are The Knights Who Say « ovNI! »

Le nouveau livre de Jean-Pierre Petit: « OVNI LE MESSAGE » vient de sortir, éditer par l’auteur. Comme tous les livres de JPP, toutes les sources en sont clairement énoncées et il est facile avec Internet de plonger plus en profondeur dans les méandres des publications citées en reférence. Mais surtout c’est avec sa pédagogie habituelle que JPP nous entraine dans un voyage initiatique passionnant. Le malicieux bonhomme est en plus un dessinateur et un illustrateur doué et bien souvent ses petits dessins valent de grands discours (il est aussi le papa avec Gilles d’Agostini d’Anselme Lanturlu, premier personnage de vulgarisation scientifique traduit en plusieurs langues, ses BD sont téléchargeables gratuitement ici). « OVNI LE MESSAGE » permet non seulement de comprendre comment fonctionne la communauté scientifique internationale face aux « nouvelles frontières » qu’elle tente de repousser. Mais aussi comment la pseudo religion « science » traite ses « hérétiques » qui osent prononcer des gros mots comme « OVNI! »
Parce que le point de vue de JPP en tant qu’astrophysicien est aussi celui d’un homme sage et plein de bon sens confronté aux « Objets Volants Non Identifiés », les témoins, les chercheurs, les étouffeurs, les menteurs, les opportunistes, les médias et les victimes (parce qu’un pilote de ligne qui subit les foudres de ses pairs pour avoir témoigné d’une rencontre du premier type est aussi une victime…).
Et la nouvelle salve d’évidence de JPP tient dans les deux cent pages de son livre. un livre écrit dans l’urgence car il a été rédigé en moins d’une semaine ! Un vrai Blitz !
Les livres écrits dans l’urgence ont toujours un message fort à faire passer.

Pour se procurer cette merveille voici le lien:
http://www.jp-petit.org/nouv_f/ovni_le_message/ovni_le_message.htm

OVNI Le MEssage

Et je vous invite aussi à retrouver ses précédents livres édités chez Albin Michel. Sans parler de son immense site (il y a des milliers de pages toutes plus passionnantes les unes que les autres – imaginez un peu si Tesla avait eu l’Internet !!!):
http://www.jp-petit.org où se côtoient articles, synthèses, coups de coeur et coups de gueule. Je vous conseille à ce propos la saga du B2 (le bombardier MHD à 1 milliard de dollars pièce!) ainsi que tout le feuilleton concernant le virus H1N1… histoire de vous mettre la puce à l’oreille, ou ailleurs !!!


(dessin de JPP)





Call of Duty: Modern Warfare 2 – Ad Nauseum

23 11 2009

Anti vie russe.
Sorti juste avant le 11 novembre (qui est aussi Veteran’s Day aux US), « Call of Duty: Modern Warfare 2″ (« MoWa2″) propose d’immerger le joueur dans une expérience « FPS » (First Person Shooter, Tir à La Première Personne en québécois!) où vous incarnerez plusieurs troufions, héros d’un film de guerre ultra violent et ultra réaliste. Le meilleur coup de Buzzing d’Activision est de proposer une mission (‘ »No Russian ») où le joueur massacre un maximum de voayageurs innocents dans les halls de l’aéroport international Zakhaev de Moscou. Excellent coup marketing puisque cela fait parler du jeu qui pour le coup est la plus grosse vente actuelle.
Les jeux videos peuvent être violents. Même une simple partie de « Pelote Basque » dans « Tron » devient mortelle. Beaucoup se sont offusqués devant la violence graphique de Grand Theft Auto (GTA). Sauf que… GTA est un délire. Une mauvaise série B haute en couleur, jouant sur les stéréotypes et les clichés. Ce n’est pas plus réaliste qu’un film de cet abruti d’Uwe Boll. C’est de « l’éclate » baby plus défoulante qu’immersive. Même si au final les dommages collatéraux au niveaux des neurones du gamer peuvent se faire ressentir, on est quand même loin du cahier des charges « morts en direct » de « MoWa2″ !
« MoWa2″  qui se veut être une expérience hypra réaliste ! Une plongée dans le sang et les tripes, les gémissements des blessés, les balles qui sifflent de tous les cotés, les déflagrations abrutissants des grenades… Avec en sus, entre chaque rafale, quand vous prenez le temps de recharger, Hans Zimmer à la bande originale pour une ambiance chère à Michael Bay… Y’en a qui aiment l’odeur du napalm au petit matin chez Activision…

Casualties of war.
Le jeu est noté 18/20 pour sa fluidité, sa jouabilité et son réalisme mais comment peut-on plébisciter les dérapages Snuff les plus dégueulasses ? Froide perversion des faiseurs de fric répondant aux grasses perversions des no-life soudés aux manettes de leurs consoles laveuses de cerveaux: vivre un massacre dans la peau des bourreaux.
Si le joueur peut moissonner à la mitrailleuse des innocents (certains supplient pourtant qu’on les épargne, où rampent au sol dans leur propre sang pour tenter de s’éloigner !), j’attends la suite dans l’horreur ! Un niveau « Colombine » par exemple, avec chasse à l’homme dans le campus et redécoration du resto U à la cervelle fraîche ? Ou une suite Rwanda avec des enfants terrifiés qu’on découpe à la machette, des femmes en pleurs qu’on viole dans des caves avant d’y mettre le feu… J’ai même le titre « Call of Duty : Casualties of War ». Les horreurs de la guerre où le noir boucher qui sommeille dans votre cerveau reptilien va pouvoir enfin se réveiller et  revivre avec appétit l’expérience « enrichissante » des grands massacres de civils qui ont jalonnés notre merveilleuse époque moderne! A ce niveau, « MoWa2″ est déjà de la pure pornographie.

Jeux d’Enfants.
Je me souviens d’une démo sur Youtube de « Far Cry 2″ mise en ligne et commentée par un gamin d’une dizaine d’années qui expliquait dans un français approximatif qu’il préférait tout bonnement « les finir à la machette, ça économise une balle… »(sic)  Brave petit con. Voici une phrase que Polpot n’aurait pas renié. Merveille de la virtualité ! Délice de la violence juvénile ! Vivement que ces jeux sortent en odorama: Les odeurs de poudre, de sueur, de chairs brulées, de sang, d’urine et d’excréments devraient compléter l’immersion; parce que tout le monde le sait: la guerre c’est vraiment trop fun !!!
Avec les progrès actuels, je suis certain que les parties enregistrées peuvent être « partagées ». Quel « jeu d’enfant » ainsi pour un gouvernement ou une organisation de repérer et enrôler les futurs psychopathes sans âme qui sauront ouvrir le feu sans ciller sur des manifestants sans armes. Blackwater.com ?
Alors vas y mon petit gamer, entraine toi. Désensibilise toi. Il y aura du travail pour toi. Et comme à la fin du niveau de « MoWa2″ dans l’aéroport russe, tu seras remercié d’une balle dans la tête… « Ca c’est un message! » annonce en plus ton exécuteur en rengainant son arme…
Oui parce qu’à la fin du niveau, tu es sacrifié…pour rien… Ce niveau sanglant ne servait donc à rien dans l’avancement de la mission solo du jeu… Ah si, il servait avant tout le Dieu Marketing, mais ça nous l’avions bien compris ! Déjà que US Army, le jeu de recrutement officiel et gratuit de l’armée américaine me donnait la gerbe… Heureusement qu’il nous reste le foot et le hand !

Come to the Dark Side… We got cookies ! (Et en cliquant sur l’image… vous irez sur la vidéo immersive chez Destructoid…)





Kaamelott Livre VI – Les moyens des ambitions d’Alexandre Astier.

5 11 2009

On en est à quel livre là maintenant ? le VI c’est ça ? Mais qu’est ce qui arrive à Alexandre Astier qui reconnait qu’à l’origine il souhaitait que Kaamelott soit au format grand écran mais que les contraintes du petit écran et des budgets lui ont fait revoir sa copie.
Ce fut donc l’époque des Livres I et II. Des chroniques pêchues aux répliques devenues cultes. Naturellement niveau éclairage et photographie ce n’était pas Barry Lyndon mais ce format limite Comic Strip convenait bien à ce que je qualifierais d’ « Esprit Goscinny » des Livres I et II. Franchement, Alexandre Astier était pour moi l’héritier du papa d’Asterix. Même mieux, j’avais l’impression de retrouver cette ambiance qui me plaisait tellement dans les aventures de nos irréductibles gaulois. Et puis la trouvaille de Kaamelott était d’adapter la vie quotidienne en entreprise dans un contexte d’épopée fantastique. On sentait pointer dans les sorts utilisés et les situations coquasses de cette revisite de légende arthurienne, des bons souvenirs de parties de Donjeons et Dragons qu’Alexandre Astier avait du « vivre » avec ses copains et sa famille. Bref Kaamelott était un véritable coup de génie. Un rendez vous qui lorsqu’on le manquait, s’échangeait en DIVX sous le manteau.
Pourtant est ce que c’est vraiment ce que voulait faire Alexandre Astier. Lorsqu’il joue cet ours raleur d’Artus, n’est il pas finalement en train de nous faire entrevoir une personnalité plus mélancolique et plus sombre.
Dès le Livre III, il y a eu une décision artistique assez Barry Lyndonnienne… celle de se passer d’éclairage. Et voici notre forteresse devenue noire… Astier fait du Michael Mann sur petit écran ! Mais sert-il toujours son propos ? On sent bien depuis le début qu’au plus profond de l’homme-ours un perfectionniste polyvalent nous y berne. La bête se réveille et VLAN il nous coupe le jus, et la chique. Michael Mann a éclairé certaines scène de son film « Miami Vice » avec la foudre dans les nuages au dessus de Miami… ici Astier nous en mets plein la vue avec des acteurs subissant un bon vieux sort de Darkness 15′ !!! Sans infravision, nos héros favoris, dès qu’ils quittent la proximité de l’unique bougie qui éclaire la scène…se transforment en ombre. Et ca va pas s’améliorer. On entre dans une période de néo-réalisme aigüe et de traitement photographique utilisant à fond les possibilités de la HD. Alors pour un film gore de Mel Gibson pourquoi pas mais pour nos chevaliers préférés… ça casse l’ambiance. Bref, je ne vois pas trop Hugo Pratt illustrer Asterix.

Au Livre V, après nous avoir privé de lumière, on nous prive d’humour. Enfin la dose est servie au compte goutte. On se retrouve limite suicidaires. Enfin c’est Arthur qui le devient entre deux introspections complexes de paternités supposées. Kaamelott est alors filmé en « Prisedeteteorama » et même une certaine fatigue se lit dans les yeux de l’homme orchestre que ne renierait pas Bergman. Encore un livre de plus et on risque de retrouver Lars Van Triers derrière la caméra. Mais Lars je l’aime bien avec ou sans ciseaux ! Mais pas pour Kaamelott malheureux ! A la fin du livre VI le mot de la fin pourrait être : « Akoibon » !
Alors quand le Livre VI se profile… On le guette comme un amoureux de Vérone sous le balcon de la Cine Citta… Et là une fois de plus, patatra. Non pas que le talent ne soit pas au rendez vous. Le casting est de nouveau parfait mais quand il s’agit de rire ou de s’amuser… on tombe dans ce travers bien franchouillard ou soit disant pour faire une comédie il faut qu’on s’engueule. Je ne vois pas en quoi c’est drole. Des personnages peuvent être sombres, râleurs sans pour autant tomber dans le conflit perpétuel. Un exemple tout bête: le héros d’Un Jour Sans Fin a tout du chevalier arthurien qui va vivre sa rédemption mais qu’est ce qu’on s’en amuse !!! Et puis il y a ces moments de fondus enchainés ralentis jazzy (oui parce que la musique est limite jazzy dans le Livre VI !!!) où le flou devient artistiquement complexe à déchiffrer. J’ai pas tout compris la scène de l’orgie romaine d’ailleurs… si quelqu’un peut me l’expliquer en me faisant rire ?
Ah si!  Il y a une bonne surprise quand même: Tcheky Karyo (blafard, yeux fiévreux) est très très drôle! Et ça connaissant bien le bonhomme (Salut Tcheky!) je dis chapeau à Alexandre Astier d’avoir fait éclore cette fleur d’humour noir qui sommeillait dans le jeu de notre Tcheky national !

Alors voilà, Alexandre Astier bénéficie de moyens conséquents, d’une liberté artistique énôrme et il choisit clairement de ne plus nous muscler les zygomatiques. Et si le Kaamelott du début avait été drôle par contrainte ? Par accident ? Et que la véritable ambition d’Alexandre Astier n’était de ne pas de nous faire rire; à moins qu’il se retrouve dans l’incapacité de reproduire les qualités humoristiques des premiers livres ? C’est fort possible. L’inspiration frappe quand elle veut. C’est comme une potion de Merlin: incontrôlable.

Mr Astier faites nous rire s’il vous plait ! Comme avant quand avec deux bouts de CGC vous nous sortiez des sabres lasers de la hutte à Obi Wan Kenobi ! Refaites nous jouer à Cul d’Chouette… Comme tant de fans, je suis glouton de votre humour et ma faim justifie bien vos moyens, non ?