Ray Nelson: Conseils pour l’écriture d’une oeuvre de Fiction

28 02 2009

Schtroumph Grognon

Force est de constater qu’il est plutôt rare de trouver des conseils aux jeunes auteurs par des vieux auteurs et ça fait du bien d’avoir un petit guide pendant la création et la relecture d’une nouvelle, d’un roman ou d’un scenario. Ambiance Schtroumph Grognon mais avec des solutions !

Voici le point de vue de Ray Nelson traduit depuis son site http://raynelson.com

Au début:
Moi j’aime pas… les flashbacks prématurés
Suggestion: Ne me parlez pas du passé avant que je ne me sois préoccupé du présent.

Moi j’aime pas…L’action ou du dialogue dans le vide:
Suggestion: dites moi dès le début ou nous sommes, à l’intérieur ou à l’extérieur, l’endroit, les gens, les objets importants, les portes, les fenêtres, les escaliers, les meubles qui seront utilisés, les accessoires importants et surtout, ce qui est primordial: comment la scène est éclairée.

Abidbol

Moi j’aime pas…les personnages que je ne peux pas visualiser:
Suggestion: immédiatement après que le personnage soit entré en scène, commencez par me dire son age, son sexe, sa classe sociale, ses manières, sa race, son physique… Donnez moi ces infos petit à petit, pas tout d’un coup. Et arrangez vous pour que je sache comment le personnage est habillé.

Moi j’aime pas… la narration au présent.
Suggestion: Même si certain auteurs modernes l’utilisent, ils en payent les conséquences en le mettant en avant. Contentez vous d’un passé simple à moins que vous ayez une excellente raison.

Au milieu:
Moi j’aime pas… un ton émotionnel inconstant.
Suggestion: si vous avez commencez sur un ton comique, continuez sur un ton comique. Si c’est effrayant, que cela le devienne encore plus. Si c’est tragique, que cela reste tragique. On peut contraster les émotions mais pas totalement changer de ton.

Moi j’aime pas… les occasions manquées.
Suggestion: tirez le meilleur parti de la moindre promesse énoncée au lecteur. Et que la scène de résolution soit en plein milieu de la scène et non hors champs après la fin de l’histoire.

Moi j’aime pas… quand y’a trop d’anecdotes.
Suggestion: déterminez le sujet de votre histoire et désintégrez tout ce qui ne le concerne pas.

A la fin:

Moi j’aime pas… la fin à la Little Nemo… tout ceci n’était qu’un rêve !
Suggestion: Le lecteur a été assez gentil comme ça de rentrer dans le jeu, ne lui faites pas comprendre que tout cela n’en valait pas la peine.

Moi j’aime pas… la fin du Tigre de Papier. « Ce n’était qu’un malentendu », « En fait il n’avait pas été vraiment assassiné » etc…
Suggestion: surprenez moi en m’offrant plus que j’en espérais pas moins.

Souris Cruise

Moi j’aime pas… la fin qui ne résout rien.
Suggestion: dites moi franchement si les protagonistes gagnent, perdent ou quelles sont les solutions des mystères.

Moi j’aime pas… un protagoniste qui termine apathique, dingue ou commet le suicide.
Suggestion: il y a tellement de moyens pour résoudre ses problèmes il n’y a pas d’excuse à recourir à cette facilité ultra cliché.

Moi j’aime pas… une fausse surprise à la fin
Suggestion: Assez tôt dans l’histoire posez suffisamment d’informations pour que les lecteurs avertis puissent deviner la fin mais que tous les autres se fustigent de ne pas l’avoir devinée.

En général:
Moi j’aime pas… un protagoniste passif qui est au mieux un spectateur et au pire une victime professionnelle.
Suggestion: choisissez quelqu’un qui aille mieux en tant que protagoniste ou donnez à votre personnage principal un peu plus de jus !

Conan Hips

Moi j’aime pas… les personnages qui manquent de motivation
Suggestion: ne permettez à aucun personnage principal de ne pas vouloir quelque chose et de se battre pour l’obtenir.

Moi j’aime pas… les personnages qui causent tous pareil.
Suggestion: il faut que les dialogues reflètent la différence de sexe, d’age, de classe sociale, de nationalité, de background, plus les particularité du personnage. Que le vocabulaire reflète la profession et le niveau d’éducation.

Moi j’aime pas… les scènes qui sont minces et qui ne sont pas convaincantes.
Suggestion: Vérifiez que vous avez tenu compte des cinq sens. A la limite faites une checklist !

Moi j’aime pas… les clichés
Suggestion: lisez à voix haute à un ou plusieurs personnes, auteurs ou critiques qui vous aideront à élaguer les clichés. Mais n’oubliez que dans de rares occasions seuls clichés fonctionneront…

Moi j’aime pas… la surutilisation d’une forme — trop d’adjectifs, d’adverbes, trop de métaphores, trop de phrases au passif, trop de noms propres, trop de mots répétés.
Suggestion: mettez au point une norme de phrases simples– sujet, verbe et complément– et utilisez des formes grammaticales et des constructions plus complexes pour obtenir les effets recherchés pas seulement pour varier. Étudiez la grammaire et la rhétorique des vieux livres d’école et apprenez à construire une phrase de la manière dont un musicien utilise les arpèges et les gammes.

Moi j’aime pas… le point de vue de narration qui se ballade sans raison de personnage en personnage.
Suggestion: Normalement dans une scène donnée, sélectionnée un personnage et restez y. Ne nous parlez pas de choses qui ne peuvent pas perçues par les cinq sens de ce personnage.

Moi j’aime pas… les paragraphes qui n’en finissent pas.
Suggestion: écrivez plus de dialogues. Méfiez vous de la moindre page ne comportant pas de guillemets !

Moi j’aime pas…quand rien n’a de signification.
Suggestion: déterminez vous même quel est le thème central et écrivez le en une seule phrase. N’incluez pas cette phrase à votre histoire mais utilisez là comme un guide lors de la ré écriture pendant laquelle pas une seule phrase ne sera pas retravaillée.

Killer Bunny

Moi j’aime pas… Les méchants qui vont se faire avoir facilement.
Suggestion: arrangez vous pour que les « méchants » paraissent puissants. Au final, je veux assister à une bonne bagarre!

Moi j’aime pas… les utilisations indésirables de « dit »
Suggestion: souvent il est évident dans le contexte de savoir qui s’exprime. Donc pas besoin de rappeler qui « dit » quoi. Sinon pas besoin de le répéter ad nauseum.

Moi j’aime pas… les mises en place peu convaincantes.
Suggestion: n’hésitez pas à dessiner des plans, des détails, des costumes, des arbres généalogiques, des cartes pour clairement visualiser la scène et écrivez plusieurs essais de votre coté.

Moi j’aime pas… une chronologie bancale
Suggestion: planifiez vos actions en utilisant un agenda avec calendrier, ou des fiches de bristol facilement interchangeable…

Moi j’aime pas… les digressions sans but.
Suggestion: faites un synopsis avant d’écrire la première page. Planifiez tout mais laissez une petite part à l’improvisation.

Moi j’aime pas… l’absence de date
Suggestion: lisez ce que les autres ont écrit dans le genre et autour. Piquez leurs bonnes idées ! Ne vous inquiétez pas en ce qui concerne l’originalité. Aucun écrivain ne peut écrire comme un autre écrivain.

Moi j’aime pas… l’amateurisme en général.
Suggestion: rejoignez un groupe d’auteurs qui se rencontrent pour lire à voix haute et discuter de leur progrès. Écrivez sur un blog et attendez les retours. Imitez les auteurs que vous aimez. Et pratiquez votre art encore encore et encore!

Pan !





They Live: Ray Nelson et les Lunettes Hoffmann

27 02 2009

They Live

En 1988 sortait en France un film de John Carpenter sous un titre ridicule et une affiche franchement très laide: « Invasion Los Angeles ».
Le film original, « They Live » moitié thriller de science fiction moitié satire sociale, racontait l’histoire de John Nada, travailleur du bâtiment, qui découvre des lunettes lui permettant de voir des « aliens » évoluer tout autour de nous prenant forme humaine et contrôlant l’humanité.
Tiré d’une nouvelle de Ray Faraday Nelson « Eight O’Clock in The Morning » parue sous le titre « Les Fascinateurs » en France, « They Live » est devenu petit à petit un film culte pour tous les paranoïaques, amateur de Blues, fan de catch et de cinémascope.
L’année dernière, cherchant à me procurer un scénario, j’étais entré en contact avec Ray Nelson, qui a signé le scénario du film de John Carpenter. (Depuis nous avons sympathisé et il m’a envoyé sa dernière copie du script original annoté par John Carpenter et lui même pendant le tournage… L’autre copie est entre les mains de son avocat.)
Ray Nelson est un personnage extraordinaire. Ami et confident de Philip K. Dick, il a travaillé à la création de « Blade Voyageur de l’Infini » (dont je signe actuellement les illustrations!). C’est aussi un cartooniste de grand talent qui a vécu et s’est marié à Paris (ou son fils Walter Nelson, grand spécialiste de la vie et de l’étiquette au 19ème siècle, est né).

Ray Faraday Nelson

Et Ray m’annonce en avril 2008 que « They Live » va faire l’objet d’un Remake. En decembre 2008, confirmation: c’est sur le Hollywood Reporter qu’on annonce que le film culte de John Carpenter de 1988 va passer par la case remake des studios Universal/Strike Entertainment, qui sont en négociation pour acquérir les droits du film auprès de Les Mougins, l’actuel propriétaire de ces droits. Marc Abraham et Eric Newman de Strike Entertainment produiront alors que Shep Gordon et John Carpenter serviront de producteurs exécutifs. Strike Entertainment avait déjà réussi avec succès le remake de « L’armée des morts » en 2004 et travaille aussi sur un remake d’un autre film de Carpenter, The Thing.

They Live Lunettes Hoffman

Qu’est ce qui fait le charme du film de 1988 ?
Déjà une mise en place lente et minutieuse. Un cinémascope et un cadre superbe. Une musique entêtante. Un anti héros, courageux mais pas exempt de défauts (John Nada n’est pas intelligent ni très fin mais reste attachant dans son humanité et sa coupe de cheveux « Mulet » remise à la mode en 2009). Les effets spéciaux sont légers mais utilisés avec perspicacité (Au travers des lunettes, on voient un monde en noir et blanc et quelques aliens aux brushings impeccables…). Mais surtout le script, la montée de la tension, les rebondissements et les sous entendus quasi révolutionnaires en font un film unique dans sa paranoia et ses symboles.

Obey

Par exemple aucun vaisseau spatial ne nous est montré. Les aliens stoppent le temps avec leur Rolex (Jacques Séguéla est un Alien!), s’ouvre alors un genre de sas lumineux dans le sol qui mène à un dédale infernal (dans le sens étymologique Inferno: « en dessous de nous ») de tunnels d’ou on peut voyager dans toute la ville mais aussi vers d’autres mondes par dématérialisation et transformation en boule de lumière.
« They Live » n’est pas un film politiquement correct du tout. L’ouvrier opprimé découvre la vérité, se révolte,  prend les armes et tire dans le tas !

They Live

Les lunettes mises au point par la résistance portent un nom dans le script (mais pas dans le film): les Lunettes Hoffmann. (« Hoffmann Glasses »)
J’en demandais à Ray Nelson la signification.
« Mais voyons il s’agit d’une référence au tout tout premier livre de SF! Les Contes d’Hoffmann ! »
Mince pour moi, c’est avant tout du Offenbach (joué par Michel Serrault) façon folles nuits parisiennes… pas vraiment de la SF…
Et pourtant:

Olympia

Dans le conte: Hoffmann est amoureux d’Olympia, la « fille » du scientifique Spalanzani. Celle-ci s’avère en fait être un automate dont Coppélius, un charlatan, a fourni à Spalanzani les yeux et vient présenter sa créance. Il vend à Hoffmann des lunettes magiques qui lui font voir Olympia comme une vraie femme. Hoffmann se croit alors aimé d’elle mais Niklausse, perplexe, tente en vain d’avertir son ami. Alors qu’il valse avec Olympia, Hoffmann tombe et ses lunettes se brisent. C’est alors que Coppélius qui veut se venger du chèque sans provision que lui a remis Spalanzani, revient et détruit Olympia. Hoffmann se rend compte de la vraie nature de celle qu’il aimait, cependant que la foule ricane de la naïveté du poète.

Obey Stay Asleep

« They Live » est donc une histoire ancienne et pour citer Justin Sullivan de New Model Army dans la chanson « Vanity »:
…The mirror never lies, it’s just these foolish eyes
And we all see what we want to see
What we need to see, what we have to see…

Your God Not Mine

Je vous invite à découvrir le monde extraordinaire de Ray Nelson via son site: http://raynelson.com/

Nemo Sandman





Star Trek: les cochons dans l’espace

26 02 2009

gloups

« Espaâace: Frontière de l’Infini… » Mince l’infini avait une frontière ? Si il a une frontière, il n’est donc plus infini, non ?
A la limite puisque l’Infini est central partout on aurait pu dire « Espaâce: Centre de l’Infini » !
Version original « Space: the Final Frontier… » Bon ca le fait mieux. Le thème de la frontière chez les américains du nord remonte à l’époque des pionniers qui repoussaient sans cesse la limite… Bon reprenons:
« Espace, Frontière de l’Infini vers laquelle voyage notre vaisseau spatial l’Enterprise. Sa mission de cinq ans : explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d’autres civilisations et au mépris du danger, avancer vers l’inconnu en pyjama. » »

Enterprise

C’est en 2266 qu’une équipe d’astronautes en pyjamas multicolores (en fonction de leur grade et fonction) s’envolent pour une mission de 5 ans afin propager la parole pacifiste et humaniste de Starfleet dans toute le quadrant Alpha de notre galaxie.
La série est diffusée en 1966: on y passe en distorsion, on s’y téléporte, le capitaine est un obsédé sexuel, le médecin de bord un râleur maigrichon, l’homme de barre est asiatique, un russe se tient à ses cotés, pire, une femme s’occupe des communication, elle est afro américaine et porte une minijupe ! Et tous les autres sont en pyjama. C’est quoi ce futur ???
En plus nos versions françaises sont folkloriques et proviennent de la Belle Province (tout comme celle de Cosmos 1999)
Et donc le chef mécanicien Scotty qui en version originale, roule les « R », en français se et à parler comme un chartier: « Capitaine! Nous sommes dans la mélasse jusqu’aux omoplates, nos lasers sont complètement ratatinés! »
(N’ayant été acquise par aucune chaîne en France à l’époque, cette série américaine fut doublée en français au Québec à partir de 1969 par la firme québécoise Sonolab de Montréal. Les textes en français étaient une adaptation faite par Michel Collet et par Régis Dubost qui prêtait également sa voix à M. Spock. Au Québec, cette série est connue sous le nom de « Patrouille du cosmos ». Sa première diffusion en France le fut par le biais de TMC dans les années 70…)

Starfleet

2009, le 11ème film Star Trek sort sur grand écran. Les effets spéciaux sont révolutionnaires, les héros font de la chute libre, rebondissent sur les coques des navires qui explosent, le tout super méga réaliste et quand ils enlèvent leur scaphandre ils sont toujours en pyjama ! Ouf ! Un repère ! Mais alors ils les enlèvent quand leurs pyjamas ?
Justement, il y a polémique, le nouveau film de J.J. Abrahams (La série Lost, Mission Impossible 3) possèderait deux scènes d’amour assez chaudes dont une précédée par un striptease de Uhura!!!
(Le cast devait comporter Matt Damon (Kirk) et Adrian Brody (Spock) mais Zachary Quinto (Sylar dans Heroes) est très convaincant en vulcain. )

Damon Kirk

Maintenant qu’est ce qui faisait le succès de la série des années 60 ? Déjà William Shatner portait la série sur ses épaules tellement il était dans le personnage de Kirk. A la fois décontracté, charismatique, cabot et prompte à l’action, avec lui, le futur était optimiste, utopique. L’humanité avait éradiqué la maladie, le racisme, la pauvreté, l’intolérance et la guerre sur Terre. Elle s’est également unie à d’autres espèces intelligentes de la galaxie. « Unie » ??? Encore des cochons dans l’espaâace !

Mise à jour: vous trouvez ici la nouvelle bande d’annonce de mars  !

Nemo Sandman

Enterprise 2





Wolverine: Gavin Hood à la barre

25 02 2009

Gavin Hood
Gavin Hood dans les Mines du Roi Salomon

Pour tous les fans des X-men, Wolverine est le mutant qui a fait le plus fantasmer depuis son apparition au sein de la seconde équipe historique.

Rebelle, petit, poilu, canadien, le mutant au squelette d’adamantium est depuis incarné à l’écran par un danseur, chanteur au sourire béat: Hugh Jackman qui lorsqu’il fronce les sourcils se transforme en glouton mutant d’une manière très convaincante. (Jackman prenait des douches glacées pour entrer dans la peau du personnage… ou comment passer du « Brrrrrr! » au « Grrrrrrr! »).

Wolverine

Gavin Hood pendant ce temps, quand il ne joue pas un colonel russe possédé par Anubis dans « Stargate SG-1″ (en 2004), puis un affreux braconnier dans les « Mines du Roi Salomon » (en 2004), mène en parallèle un début de carrière de réalisateur en Afrique du Sud. En 2001, Il avait remplacé au pied levé le réalisateur polonais Maciej Dutkiewitz sur le tournage de « W pustyni i w puszczy » dont il avait signé l’adaptation scénaristique. C’est  donc aussi en tant qu’auteur réalisateur en Afrique du Sud qu’il signe son deuxième long métrage « Tsotsi » (Oscar du meilleur film étranger en 2006).

Cast Wolverine
« C’est qui qui a marché dedans ?« 

Cela fait maintenant deux ans qu’on sait que Gavin Hood est élu pour mettre en scène Hugh Jackman pour le film « Xmen Origins: Wolverine ». L’attente va se terminer en mai 2009, après nous avoir livré des teasers et des bandes d’annonces de plus en plus alléchantes. Tout ceux qui ont vu « Tsotsi » ont eu une poussée d’adrénaline au vu du travail d’orfèvre de Gavin Hood qui sait méler vraiment émotions et action. Bref Gavin Hood est l’anti Michael Bay par excellence, un véritable auteur perfectionniste en diable sachant vraiment diriger et tirer le meilleur de ses acteurs.

A noter que l’interprète de « William Stryker », le poseur d’Adamantium (qui a ma connaissance n’existe pas dans les comics mais a été inspiré par le Reverend Stryker dans la nouvelle graphique « Dieu Crée L’Homme Détruit »), n’est autre que l’extraordinaire Danny Huston, fils du grand John Huston, un comédien charismatique en diable, au jeu tout en demi teinte (il était Nigel dans « Children of Men » par exemple) . Et puis il y a Sabretooth qui va reposer sur les épaules de Liev Schreiber (pas un simple catcheur mais un véritable acteur capable d’apporter la profondeur demandée au personnage de Creed, le « Faux Frère »…). Sans grands « Villains », les héros ne sont rien car à vaincre sans péril on triomphe sans gloire…

Adamantium

Oui, finalement, pour les fans, Gavin Hood est ce qu’on pouvait rêver de mieux. De plus, l’homme peut brandir sa statuette pour faire reculer le premier « pousse tableur » des Studios et on espère l’effet qu’un Irvin Kerschner a eu sur l’ »Empire Contre Attaque »: un réalisateur qui sait, sous des pressions énormes, livrer un bon film ayant une vraie personnalité. En plus les acteurs qui passent derrière la caméra ont souvent ce petit « plus » qui fait la différence. Il suffit de comparer la direction d’acteur d’un « Iron Man » et celle d’un « Incroyable Hulk » ou de « Transformers »…
Jon Favreau (réal d »Iron Man ») est un acteur qui prend plaisir à diriger les autres acteurs, et à l’écran ça se voit. Idem pour Gavin Hood qui sait gérer la sensibilité de ses interprètes en chef d’orchestre.  De toutes façons, avec les budgets réunis, les effets spéciaux seront toujours époustouflants, la différence se fera au niveau du scénario (David Benioff a signé « Troy » mais surtout la nouvelle et le script du film de Spike Lee « The 25th Hour ») et de l’interprétation (en espérant un grand numéro d’acteur pour Deadpool interprété Ryan Reynolds qui était la seule bonne surprise de « Blade Trinity »). Il faut aussi que contractuellement, Gavin Hood se soit fait pousser, lui aussi, des griffounettes en adamantium afin de garder le Final Cut.
Voici le lien pour La dernière Bande d’Annonce de Wolverine !

Nemo Sandman

Griffes
« Read between the lines ! »





WATCHMEN: les surhommes démontrés

24 02 2009

minutemen

C’est sur le thème superbe de Koyaanisqatsi (film de Godfrey Reggio illustré par Philip Glass, morceau « Prophecies ») que débute l’ultime bande d’annonce des Watchmen. Après tout, pour illustrer un histoire se passant dans un 1985 alternatif, il était judicieux de prendre une musique composée en 1983.
Il est certain que ce thème à l’orgue lancinant qui n’est pas sans rappeler la mélopée de Candyman (toujours composée par Philip Glass), donne de la majesté aux images, de l’emphase aux ralentis, bref ça a de la gueule !

Docteur Manhattan

Comme tous les fans de la « nouvelle graphique » je suis assez inquiet même si les images laissent présager un beau traitement graphique.
Combien de bande d’annonces nous ont trahis par le passé ? Judge Dredd par exemple avec une musique sublime et un film catastrophique. La bande d’annonce de 300 aussi était superbe…

Silk SpectreMalin Ackerman est le Spectre Soyeux

Mais Alan Moore, auteur des Watchmen, a toujours souhaité bonne chance aux scénaristes. (Pour s’en faire une idée, on peut trouver encore sur le Net le script de Sam Hamm (*) datant de 1989 sur lequel Terry Gillian avait travaillé avec un début et une fin différente de la BD mais plus cinématographique à mon gout… Il semblerait que le début de Hamm ai été conservé…).
Le médium de Moore, c’est la bande dessinée qui lui offre véritablement une écriture à plusieurs niveaux: littéraire, graphique, temporel et surtout spatial.
Mais le cinéma est avant tout un art temporel à moins d’être chez soi et de pouvoir mettre en pause sur une frame, mais là on sort de l’oeuvre cinématographique pour la détourner d’un 1/24ème de seconde.
Comme un art temporel peut il ne pas trahir une « nouvelle graphique » ?

Nite Owl

Adapter une bande dessinée d’Alan Moore, ce serait comme mettre en musique une icône du moyen age. On doit en transformer sa nature. Aboutir à quelque chose de nouveau. Pour l’instant le dernier plantage a été « La Ligue des Gentlemen Extraordinaires », en revanche « V pour Vendetta » a réussi son pari en synthétisant la nouvelle graphique d’une manière finalement assez élégante dans son rythme et sa cohérence.
Mais, les Watchmen méritent ils qu’on les trahisse en les passant à la moulinette d’une certaine conformité.
La « nouvelle graphique » d’Alan Moore et Dave Gibbons est difficile à lire. On peut s’y replonger et découvrir des palindromes autour de l’épisode de Rorschasch, des détails dans les planches qui se répondent et même découvrir un des héros dès la première page incognito…

Ozymandias

Je relis régulièrement les Watchmen et à chaque fois je redécouvre quelque chose qui m’avait échappé à la précédente lecture.
C’est pour cela que je considère cet oeuvre comme une des plus complexes et abouties de la bande dessinée, même si Alan Moore a tendance à copier ses petits camarades mine de rien. (Mad Max pour la scène de la scie à métaux et même Stephen King dans sa nouvelle La Corniche a a été copié dans V pour Vendetta).

RorschachRorschach l’excellente surprise de Jackie Earle Haley

Les producteurs de cinéma pensent toujours qu’une bande dessinée à la limite c’est presque un storyboard pour un film. Du « pré maché ».
Pour une certaine BD linéaire, pourquoi pas mais pour une oeuvre aussi complexe que celle de Moore qui justement utilise tous les ressorts de chacune des planches à sa disposition… je reste dubitatif. (Je reste dubitatif devant toute planche à ressorts de manière générale.)

Force est de constater que le casting du film réalisé par Zack Snyder est plutôt réussi dans ses choix au prime abord. Mon choix préféré étant Jeffrey Dean Morgan (le « Comédien » alors que la traduction de « Comedian » est « Comique »…) avec qui je partage la même date et année de naissance (Si! Si!). Et puis, Malin Eckerman en intelligence artificielle (C’est une blonde teinte en brune) est pas mal non plus…
Alors le cinéma est-il ce qui pouvait arriver de mieux aux Watchmen ? (Peut être si cela permet à de nouveaux lecteurs de découvrir une extraordinaire bande dessinée.)

The Comedian

En attendant on ronge notre frein devant des bandes d’annonces ou le moindre coup de tatane se tourne en 80 images/seconde en espérant que le film soit non seulement une bonne histoire bien jouée (parce que les effets spéciaux, c’est bon, on a compris, quand on a le budget qui va bien, ils assurent… ) mais surtout qu’on ne trahisse pas notre BD favorite !

*(Note en début de scenario de Sam Hamm :
SPOILER ALERT! SPOILER ALERT! SPOILER ALERT! SPOILER ALERT!
Reading this screenplay WILL spoil numerous plot points found in the
original WATCHMEN graphic novel. Therefore, we respectfully ask you,
dear reader, to run — don’t walk — to your nearest bookstore or
comics specialty shop, buy the graphic novel, and read it
cover-to-cover at least once before venturing further. We thank you,
Alan Moore and Dave Gibbons thank you, DC Comics thanks you, and the
fine folks at AOL/Time Warner thank you.
)

Nemo SANDMAN





Mozinor: détourne émoi.

23 02 2009

Quel plaisir de découvrir un petit trésor de l’audiovisuel longtemps après tout le monde. (Ah, ce sentiment particulier de rire tout seul et quand on veut partager c’est: « Ouaih OK c’est vieux ça ! C’est sur Youtube depuis 2 ans ! »)
Ben pas pour moi. C’est suite à un clin d’œil musical de Serge Llado à la radio que j’ai découvert Mozinor (« Montreuil Zone Industriel Nord »).
Je connaissais déjà son vieux détournement de « DJ Bebel » mais, de là me prendre soudain, une forte dose de Cosmos 1999, de 24 Heures Chrono, de Pumping Iron, de Star Trek II la Colère de Khan et de Benny (pour Ben Hur)… ce fut une expérience pour le moins ébouriffante !

Benny Le Hur Benny le hure

Non seulement Mozinor est drôle (souvent) mais en plus il nous révèle avec le temps qu’il a véritablement beaucoup de talent. Il a fait des émules et force est de constater qu’il est souvent imité mais jamais égalé.
D’abord ses voix. Que ce soit le « Salut mon copain ! » guttural et enjoué du docteur McCoy de Star Trek (utilisé comme un boulet chétif et collant dès les tous premiers détournements de 2004) aux tons de « caille-rat » des Demandeurs de Cigarettes ou de Neo dans Matrix… Mozinor trouve le ton juste et la réplique adéquate.

« T’as pas une cigarette ? »

Parmi les exercices (délires) les plus convaincaints sont les videoclips « inversés ». C’est à dire « doublés façon non chantée ». Le plus célèbre est sa version « Beat It » ou Michael Jackson nous fait une grosse colère suivie d’une petite crise de panique. C’est du jamais vu et ça marche !
Depuis 2005 Mozinor continue de s’améliorer tant au niveau du travail sonore et des prises de voix qu’au niveau de l’écriture. Le résultat est de plus en plus convaincant et digne du Grand Détournement du papa d’Oss-117 !
Mais l’exercice est difficile. Il faut trouver la bonne idée, la bonne blague. (Comme dans « Les Pwals » court et « désépilant »!)

Jean Luc et la chaine pornoLe Capitaine Picard visionne un fichier inattendu

Personnellement je préfère quand Mozinor évite la vulgarité, même si dans ce cas il jure que c’est ce que il s’en défend en précisant « J’y peux rien si c’est ce que dit le personnage a ce moment la » (sic) . (Mais est tellement facile de rajouter des pets dans une bande son, ça va je connais, j’ai déjà essayé sur des discours politiques et ça marche !) .
Je préfère quand Mozinor joue sur des situations absurdes. Il est capable aussi de bien jouer sur les effets spéciaux (Les « Yéyés » de Gainsbourg avec sa chorégraphie) et aussi de procurer des imitations assez convaincantes: ah, le Bruce Willis à la voix cassée !!!
Pour finir de vous convaincre, Mozinor a aussi d’excellents gout musicaux ou le groove règne en maitre absolu.
Rien que du plaisir détourné pour vos oreilles donc !

Mes préférées:

Tu peux pas test« J’suis James Bond quand même, tu peux pas test.* »

- »Tu Peux Pas Test* » avec les yeux furibonds de Desmond Llewelyn (Q) et un Sean Connery qui a presque le dernier mot…
- »La Recette Besson » qui donne un point de vue très pointu sur les recettes de production et les obsessions bessoniennes.
- »Overdose de Timbaland » videoclip « rejoué » de manière dramatique. Ultra convainquant.

Tout cela plus tout le reste se trouve sur le site officiel: http://www.mozinor.com

Sa devise?  « Mieux vaut consacrer son intelligence a des conneries que sa connerie a des choses intelligentes. »
(Oh mais tu vas l’avoir ta rouste !)

(* – « Tu Peux Pas Test. »: tu ne peux pas te mesurer à moi.)

Nemo SANDMAN





Slumdog Millionaire direct en video ?

23 02 2009

Les trois puppies

C’est une blague ou quoi ???
Comment les producteurs/distributeurs ont ils pu avoir eu l’ambition de mettre en direct to video Slumdog Millionaire ?

L’industrie cinématographique n’avait pas pressentie qu’un film maintenant récompensé par 8 oscars aurait été digne d’être projeté sur grand écran.
Pour quelle raison ? Tout simplement à cause de l’absence de tête d’affiche et d’acteurs bankable.
Les « Studios Executives » depuis la création de l’industrie cinématographique ont rarement fait preuve de discernement ou de courage  au niveau des choix artistiques réduits à de simples recettes de cuisines.
Les artistes du cinéma, (auteurs, artisans, réalisateurs, acteurs, designers, musiciens…) fournissent une oeuvre d’art.
Du point de vue du producteur tout ce beau monde travaillent sur un prototype qu’il souhaite pouvoir reproduire pour générer des bénéfices. (Taxi 1, Taxi 2…3…4…).

C’est le travail de production. Et il est louable.
Le problème apparait quand les producteurs (et distributeurs) veulent se mêler directement de l’aspect artistique pour des raisons de facilité (et d’absence totale de courage).
Nombre de cadres de l’industrie cinématographique se disent donc cinéphiles ou même artistes. Et c’est là que la mécanique coince.
Car dans le domaine artistique, il n’y a pas de recettes, il n’y a que des prises de risques.
« A l’école de la poésie on n’apprend pas, on se bat. » disait Léo Ferré dans « Préface ».

View from a kill

Franchement,  j’aimerais tellement avoir affaire avec des producteurs qui n’aiment pas le cinéma mais qui souhaitent simplement rentabiliser leurs investissements en laissant faire ceux dont le métier est d’attraper des rêves et les projeter sur un grand écran. Pour le coup, je souhaiterais aussi des cadres qui se moquent complètement du casting ou des choix artistiques afin de se concentrer sur leur travail: l’encadrement. C’est à dire donner des moyens et le meilleur cadre de travail possible aux équipes de tournage. Ca serait tellement plus simple.

Je ne sais pas qui voulait faire sortir Slumdog Millionaire directement en DVD mais ce n’est certainement pas un membre de l’équipe de tournage. Quelle bêtise et quelle arrogance. Heureusement sanctionnée par 8 récompenses hier.
Espérons que la leçon portera ses fruits.

Nemo SANDMAN





Millenium Antipelliculaire

22 02 2009

SFO Letterman

ÉTÉ 1999, SAN FRANCISCO, LE RÉALISATEUR ET PRODUCTEUR GEORGES LUCAS ANNONCAIT LE DÉCÈS DE LA PELLICULE CHIMIQUE CONVENTIONNELLE UTILISÉE DANS LES BONNES VIEILLES CAMÉRAS PANAFLEX AU PROFIT DE LA CAPTURE DIGITALE EN HAUTE RÉSOLUTION.

Quelques mois plus tard, le Presidio Trust, responsable du premier « Urban Natural Park » de San Francisco (situé à l’emplacement de l’ancienne base militaire du Presidio) annonce qu’on ne construira plus le Letterman Hospital sur leur site mais le Letterman Digital Arts Center proposé par… LucasFilm.

Il semblerait que Georges Lucas passe vite du rêve digital à la réalité digitale. Il en a les moyens. D’ailleurs l’épisode I de La Guerre des Étoiles comportait au final plus de la moitié de plans digitaux. Quant aux « séquelles » de la « préquelle », elles bouderont définitivement les Aaton, Arriflex et autres Panaflex et même « Empireflex » (caméra 80 mm mise au point par John Dykstra pour L’Empire Contre-attaque…) : Star Wars épisodes II et III seront 100 % digitaux !

Bref, assisterait-on à l’énième diffusion du bras de fer entre « Vidéo » contre « Cinéma », pixels contre grain, chimie contre digitale ?

En réfléchissant un peu, il y a assez peu de différences entre une caméra de cinéma des années trente et une caméra de cinéma utilisée pour le tournage de Matrix. Une caméra de cinéma reste toujours une espèce de machine à coudre encombrante qui mâche de la pellicule bruyamment.

Pourtant de sérieux progrès ont été effectués dans le domaine des films et des émulsions photographiques. Il suffit de comparer la qualité de la photographie d’un épisode en 16 mm des années 70 et un extrait en super 16 mm récent. De nos jours le rendu en super 16 mm ressemble à un rendu 35 mm d’il y a 20 ans…

Pour voir et comparer les progrès de la pellicule 35 mm et des laboratoires de développement il suffit de comparer la texture, le grain et les rendus de couleurs de films comme Duellistes et Gladiators tous deux réalisés par Rydley Scott, excellent photographe, avec 20 ans d’écart.

Il est plus facile d’être témoin du progrès de la caméra vidéo et de son support magnétique ces vingt dernières années. On passe des caméras mono tubes aux tri tubes, des monoCCD aux TriCCD, de la bande U-matic au format Beta Digital. Sans compter les « raccourcis technologiques » qu’empruntent les « Paluches » et les Camcorders DV.

Pourtant, en vidéo, qu’elle soit digitale ou pas, il y a toujours cette froideur de l’image (surtout lorsqu’on utilise pas d’obturateur électronique). Cette « cold-touch » de la vidéo est devenu tellement gênante, d’un point de vue artistique, que certains réalisateurs TV comme Gérard Pullicino (Taratata) vont même jusqu’à utiliser un effet d’obturateur électronique ainsi que des barres noires en bas et en haut de l’écran pour y remédier.

La Vidéo imite son père, le Cinéma, et pourtant elle veut le voir mourir. Un petit peu freudien tout cela, non ?

Nemo SANDMAN

Letterman

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